Haine de la Démocratie

LA DEMOCRATIE

Refus des principes démocratiques

La référence constante aux critères quantitatifs est d’emblée rejetée ;« en fait le nombre n’est rien, mais personne n’a le droit de le dire » (Anouilh). Non seulement ils ne reconnaissent pas la prééminence du nombre, mais en plus ils considèrent la dimension collective comme néfaste à l’homme. Toute cette comptabilité conduit à un nivellement intellectuel et moral qui met en danger les capacités créatrices et la singularité. Le pouvoir démocratique est décrite comme une oligarchie de fait, qui a engendré un processus d’instabilité permanente, de matérialisme équivoque et de clientélisme dégradant. La république étant « la surhumaine oligarchie des inconscients et le droit divin de la médiocrité absolue » (Léon Bloy).

D’où le dégout face à « la division de l’Humanité en deux fractions à peu près égales : les bourreaux et les victimes »(Darien), et à l’égard de tout ce qui est foule, brassage indifférencié, mouvement de masses, prédominance quantitative. Il faudrait troquer le goût de la quantité par la qualité.

« Les lèchements de pieds, universels ou restreints sont destinés à tromper le peuple et à lui faire croire qu’il est souverain, comme cela se dit quelquefois au dessous de la devise Liberté Egalité Fraternité que j’interpréterai moi Vanité, Hérédité, Fatalité ! Il paraît que le peuple n’est pas dupe de cette comédie, encore qu’il la réclame et qu’il ait fait pour l’obtenir une révolution formidable» (Daudet).

La liberté est toujours individuelle, elle se choisit, se prend, se mérite. L’égalité est foncièrement injuste et stérile, elle nuit à la diversité. La fraternité servirait quand à elle d’alibi moral à la rudesse et à l’efficacité bourgeoise. L’égalité peut accoucher de la médiocrité, la fraternité d’un étouffant collectivisme, et la liberté du narcissisme généralisé.

L’opposition politique

Sous la triple bénédiction démocratique on peut tout prétendre, tout entreprendre, tout exiger, sans se référer à la moindre transcendance morale ou religieuse ; et sans que cela nous engage aussi peu que ce soit, puisque de la Déclaration des Droits de l’Homme est né un homme abstrait, théoriquement pourvu de tous les droits, mais en réalité livré pieds et points liés à l’Etat.

Nos anars n’ont de cesse d’alerter sur la différence éclatante entre les idéaux proclamés et les réalités existantes.

Le suffrage universel est décrit comme « l’élection du père de famille par les enfants », et comme l’abandon au néant de la conscience collective.

la démocratie républicaine n’apparaît pas seulement illégitime, instable et corrompue ; ils la jugent aussi inefficace et vouée à l’impuissance.

« Depuis 50 ans, sous les noms de progressistes, d’opportunistes, de libéraux, de démocrates, de patriotes ou de nationaux, derrière les chefs les plus divers, on vous a vu perdre sur tous les tableaux, rater misérablement toutes les entreprises » (Bernanos)

Rejet de l’universalisme politique

La messe du « pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres » n’est pas dite. Ces anarchistes rejettent avec la même violence l’aspect messianique de la démocratie. Cette tendance à l’universalisation agissante des principes Liberté Egalité Fraternité, aujourd’hui fort éloignée de sa genèse antique. La démocratie ne prend en réalité cette signification moderne que sous le sceaux de la fondation de la république américaine et de la déclaration des droits de l’Homme. La nouveauté des penseurs du XVIII ème (Condorcet, Rousseau…) voit l’ère d’une libération généralisée de l’homme apparaître. Ce nouveau moralisme laïque revendiqué sert de caution intellectuelle et morale aux appétits les plus incontrôlés. Cette volonté d’imposer un Ordre Moral apparait comme une tentative unique dans l’histoire de s’assurer une emprise idéologique.

«Les progrès de l’école et de l’éducation à partir du XVI sont interprétés comme les étapes d’une acculturation, comme la mise au pas d’une culture sauvage par une culture raisonnable et morale» (Phillippe Ariès)

Ces valeurs sont aux antipodes de leur univers moral et politique. C’est pourquoi ils ont tous entrepris un combat virulent, non seulement contre la démocratie elle-même, mais aussi contre toutes les orientations culturelles de notre société (surnommée l’Idéologie Dominante) car elles coupent la France et même l’occident de ses véritables racines, de son inaliénable identité, et elles laissent présager l’arasement de toutes les individualités et la consécration d’une homogénéisation.

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