Historique

ANARCHISME – HISTORIQUE

L’anarchisme est né, sous sa forme moderne, à la fin du XIXe siècle. D’où vient ce mot entaché du sens traditionnel de désordre ? Le terme grec « Anarkhia » signifie absence de chef. L’anarchisme est né au XIXe siècle. Trop souvent confondu par les politologues avec les théories révolutionnaires de Proudhon et de Bakounine, ou réduit à travers l’imagerie populaire à sa plus simple définition, à son folklore et à sa violence.

Ce refus de toute autorité instituée, que l’on peut considérer comme une apothéose libertaire, a de nombreux antécédents politiques et philosophiques, mais trouve son expression réelle il y a environ un siècle, quand les fondements de la civilisation industrielle apparaissent établis, au moment où l’ordre du monde occidental semble définitivement scellé par le goût du profit, les impératifs économiques et le sens de l’efficacité marchande ; tout ce que les financiers et les politiques de l’époque baptisent alors globalement de l’appellation de « progrès » et que les anarchistes de toutes tendances refusent violemment au nom des droits, des devoirs et du devenir de l’homme.

Cette nouvelle orientation des activités humaines est mal vécue par le prolétariat et la population ouvrière, contestée — radicalement ou non — dans son mode de fonctionnement par les démocrates progressistes et les théoriciens révolutionnaires, combattue par des hommes résolus, parfois violents, souvent idéalistes, les anarchistes. Le contexte est d’autant plus propice à ces libertaires irréductibles que, malgré sa puissance apparente, le nouvel état de choses s’accompagne de bouleversements sociaux considérables (exode rural, immigration, urbanisation, industrialisation de régions entières), d’une perte de légitimité des systèmes politiques et religieux en vigueur.

Il y a plusieurs variétés d’anarchistes mais toutes ont un trait commun qui les sépare de toutes les autres variétés humaines. Ce point commun, c’est la négation du principe d’autorité dans l’organisation sociale et la haine de toutes les contraintes qui procèdent des institutions basées sur ce principe. Ainsi, quiconque nie l’autorité et la combat est anarchiste.

Contrairement à ce que l’on croit communément, l’anarchisme n’est pas un mouvement d’opposition univoque. Il convient donc de délimiter d’entrée la triple variété recensée ; susceptible, à n’en pas douter, d’être grandement contestée :

– Un anarchisme de gauche, issu de la pensée progressiste du XIXe siècle, qui joua un rôle important dans tous les mouvements d’émancipation des peuples et qui survit actuellement dans des groupes libertaires et des communautés autogestionnaires ;

– Un anarchisme brut, qui ne se réfère à aucune idéologie, et qui prône la liberté absolue et le rejet de tout pouvoir quel qu’il soit – dont l’un des maîtres fut Max Stirner – et que l’on assimile à un individualisme excessif;

– Et enfin un anarchisme de droite – celui que nous avons choisi d’étudier – qui a des sources dans le courant baroque et dans la philosophie libertine et qui développe depuis plus d’un siècle, en littérature et ailleurs, des thèmes aristocratistes et libertaires. Cette tentative de synthèse entre un anarchisme foncier, coulé dans l’alchimie littéraire, et des exigences intellectuelles, morales et politiques intransigeantes, a souvent été jugée paradoxale, sinon suspecte par la critique : fascistes, totalitaires, individualistes cyniques, polémistes enragés…

L’anarchisme de droite s’est ainsi très habilement trouvé réduit à son aspect réactif et à sa seule historicité antidémocratique. C’est en tenant compte des affinités qui existent entre les mouvements baroques, libertins et l’anarcho-droitisme contemporain que l’on peut tenter de donner une définition précise de l’anarchisme de droite; il s’agit d’une révolte individuelle, au nom de principes aristocratiques, qui peut aller jusqu’au refus de toute autorité instituée.

L’anar de gauche rêve d’autogestion, même s’il la craint beaucoup. L’anar de droite soupire après une race de seigneurs, même si elle lui paraît sinon utopique, du moins derrière lui. Le premier généralise, le second restreint.

Sans doute pourrait on gloser sur le raccourcissement opéré par beaucoup des membres du clan qui préfèrent se dire « anar ». Le flou culturel, le souffre qui souffle autour de la seule évocation de cette famille (peu ragoûtante selon Houellebecq), la difficulté à en assumer l’appartenance provient moins de l’aspect difficilement saisissable d’une théorie, que du discrédit et de l’occultation dont il a longtemps souffert dans le monde des idées.

François Richard

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