Gaspard Proust

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« Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri » écrivait La Bruyère. Cette maxime trouve rapidement son sens à la vision d’un sketch de cet OVNI perpétuellement à la recherche du rire perdu, grave et pas gras, libre et à part, de notre époque poisseuse. Gaspard Proust est vachard et canarde à tout va son public addictivement masochiste, dégonfle les baudruches, pointe les plus puissants, associe impertinence et élégance en fustigeant la bonne conscience avec une extrême aisance. 

Proust dynamite, disperse, ventile tous azimuts. Ce dézinguage est dévastateur, décapant. Claquant le beignet de tous les pisse-froid, il choisit de s’attaquer à toutes les minorités visibles, sans exception. Quand la plupart de ses collègues font dans le consensus et le politiquement correct, il propose de nous faire rire des migrants, de la deuxième guerre mondiale, ou du Bataclan en se moquant des terroristes « qui auraient fait beaucoup plus de victimes s’ils avaient balancé dans la salle de la farine et du lait sur tous ces bobos allergiques au gluten et au lactose . Aucun comique postmoderne n’avait depuis Desproges placé le sarcasme à de telles altitudes…

Les sujets les plus sensibles sont abordés sabre au clair pour faire rire, bien sûr, mais également pour ébranler nos certitudes, lézarder nos lâchetés, souligner nos ridicules ou débusquer nos contradictions. Un pédophile ? « Un homme qui ne sait pas attendre. » C’est crassement noir, volontairement inconfortable. La doxa torpillée dans ce qu’elle a de plus démagogique c’est rare, surtout quand c’est adoubé par les tenants de la médiacratie. Les âmes sensibles s’abstiendront, mais les aventuriers du rire et autres anars en manque d’humour noir en redemanderont… 

Et, si l’on s’affale à l’exercice toujours gênant de la comparaison en jetant un œil dans le rétroviseur, une chose est sûre : en plaçant la barre du verbe à des hauteurs himalayennes, Desproges a complexé pour toujours des dizaines d’apprentis humoristes. Toutefois, là, c’est à un digne héritier des maîtres de l’humour noir dans la veine d’André Breton et forcément de  Desproges dont il est question certes en creusant son sillon sur le précieux terreau de cette illustre ombre tutélaire mais en y jetant avec talent ses graines pour s’imposer comme une herbe folle indispensable. Une perle noire.

« Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. » disait Beaumarchais. Si l’époque dans laquelle nous vivons vous semble désespérée, courez voir Gaspard Proust sur les planches.

Le langage est vert mais charnu, jamais démodé et irrésistible, et on goûte à pleine bouche l’humus et l’air vif de cet humour affûté et rêche, qui fait pleinement sens et qui investit des champs enfin plus sensibles que l’art du macramé, du quotidien ou celui des banlieues tellement défraîchi et usé ! Cruel procureur de nos ridicules, scrutant le ténu comme l’incongru, il torpille la doxa par un humour ostensiblement désinhibé, auscultant et sculptant la langue jusqu’à la moelle.

Il gratte à la pointe d’une langue rude et noire (comme le fusain pour mieux en souligner la profondeur) avec un gant de crin sur nos vies et notre monde et taille à la serpe les vieux, les journalistes (Est-ce qu’il y a des écrivains ratés dans la salle ? Vraiment, pas de journaliste ? ), les provinciaux, les bouddhistes, les handicapés, les femmes, les islamistes, la droite, la gauche, les pauvres, les curés (Moi, à la base, je voulais faire prêtre. Mais bon, comme je suis trop timide pour aborder les enfants…), les nazis, les communistes, les sentiments amoureux, la littérature… et n’hésite pas non plus à déboulonner les figures sacrées (Pagnol, Brassens).

Gaspard est vachard et canarde à tout va son public addictivement masochiste, dégonfle les baudruches, pointe les plus puissants, fustige la bonne conscience avec une extrême aisance dans la maîtrise de la langue, une prosodie qui étonne par une véritable science du verbe fleuri et des références fréquentes à la littérature et à l’histoire mais aussi une extrême anarchie dans le propos. Cynique plus que scénique, il ne bouge et ne cille pas d’un pouce, mais remue, bouscule son public, avec une verve cruelle en feu et glace. Entre le miel et le fiel, l’élégance et l’impertinence, la souveraineté hautaine et l’iconoclasme : Gaspard Proust est fait de ce matériau dont naissent les étoiles. Un inclassable plein de promesses d’une inégalable férocité et outrecuidance. Gaspard Proust joue le funambule aux extrémités d’un humour qui touche à l’intouchable, qui nous permet enfin de rire de tout et qui fait passer, d’un coup, Guillon et Alévêque pour des jouvenceaux poltrons.

Gaspard Proust assume tous ses excès et revendique sa lâcheté : “Je suis un lâche absolu. J’assume la passivité, la lâcheté la plus totale. C’est aussi un moyen d’être tranquille : je veux que les filles se disent ‘Je ne veux pas être avec un mec aussi peu fiable’…” Normal pour qui tient le “prince charmant” en si peu d’estime : “Un prince, c’est un chômeur avec des rentes, non ? Et avec un brushing…

Sociale: «Quand je vois un éboueur, je jette toujours un petit papier». Sexuelle: «Quand on sait que 95% des femmes sont clitoridiennes, à quoi bon s’acharner à bander?» Politique: «Est-ce que j’aurais eu le courage comme De Gaulle d’aller en Angleterre, de me tourner vers la France et de dire ‘battez-vous, bande de lâches’?»

Voilà Hollande baptisé « René Coty junior », croqué en « homme qui a ringardisé Ban Ki-moon : Ah ? On peut être moins charismatique ? », son couple avec Valérie Trierweiler comparé à une éponge de cuisine (« Un côté qui gratte, l’autre qui absorbe »)… Le président « veut inverser la courbe du chômage en un an sans croissance ? Au moins, on tient une info solide : à l’Élysée, les salles de shoot fonctionnent à plein tube »… Mais Proust prévient ceux qui voudraient attaquer Hollande sans ménagement : « Si à chaque fois qu’il s’énerve, il crée un impôt… »

L’humour “proustien” n’épargne personne mais n’est jamais aussi cinglant que lorsqu’il raille la gauche. Entre autres obsessions, notre pince-sans-rire semble fasciné par Jean-Marc Ayrault, « l’homme qui a réussi à faire croire au charisme de Hollande ». Le gouvernement des “amateurs” n’est pas épargné, lui qui « ne gérait que des régions, où la décision la plus importante est de remplacer un carrefour par un rond-point, avant d’arriver au pouvoir : j’espère que quelqu’un a mis du Scotch sur le bouton nucléaire… »

Petit-fils, par son père, d’une rescapée de Ravensbrück et d’un enrolé de force dans l’armée allemande, il nait et grandit en Slovénie avant de s’installer, à cause du travail de son père, en Algérie où il vit 12 ans. Il y fréquente l’école primaire française d’Hydra. En 1994, à la suite des attentats qui secouent Alger, il quitte le pays en direction d’Aix-en-Provence où il finit sa terminale C dans une institution catholique.

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid4801-c-gaspard-proust.html

Il est réformé après dix jours dans l’armée de terre. D’abord tenté par Sciences Po pour s’engager dans une carrière de fonctionnaire européen, il renonce, par paresse. Ce sera donc la banque après avoir intégré HEC Lausanne. La banque pour faire plaisir, semble-t-il, à ses parents mais pas seulement. Gaspard voulait de l’argent facile avec peu d’effort. Ce qui nous mène à ce qu’il a découvert en entretien avec les recruteurs bancaires qu’il a croisé au sortir de ses études. Il a d’abord loupé un entretien en méprisant le poste. Il a ensuite compris qu’il devait donner l’impression d’être en affaires avec son interlocuteur: «Vous savez si on est là ensemble, c’est qu’on a envie de travailler ensemble, mais c’est aussi pour l’argent». Cette proposition dit-il a fait des ravages et a séduit tous ses interlocuteurs.

Il ajoute également «Vous aussi, il faut que vous ayez envie de travailler avec moi». C’est ainsi que Gaspard, en prononçant la phrase que le recruteur avait envie d’entendre, a été recruté dans une banque Suisse. Et là, on apprend, au détour d’une phrase, que Gaspard a reçu à l’époque de riches clientèles, notamment française. Et qu’il a su très vite leur expliquer que si frais bancaires élevés il y avait, ces riches clients pouvaient compter sur très peu d’impôts et de taxes en suisse.

Il démissionne et s’installe dans les Alpes à Chamonix pour se faire plaisir et s’adonner à l’alpinisme. Il se met ensuite à l’écriture de textes humoristiques. Il débute sur scène en Suisse puis à Paris. Il adopte alors son nom de scène Proust qui déforme à peine son nom de naissance : « Je voulais être sûr qu’on le prononce bien ».

En février 2007, il joue un spectacle intitulé Sous-développé affectif. La même année, il reçoit le prix du jury du Marathon du rire de Paris, le prix du Public et le prix SACD. « Sachant qu’en France, aucune loi n’interdit de se moquer, on en profite. Cela dit, le cynisme et la provocation, ça se travaille. Tout simplement parce que, aujourd’hui, c’est plus facile d’être cynique qu’optimiste. Le cynisme, il n’y a qu’à se baisser pour le ramasser. »

Dans l’ombre rôde Laurent Ruquier, qui a repéré chez ce Slovéno-Suisse né en 1976 un humour neuf. Il n’écorche pas les mots, ne se pousse pas du col, n’évoque pas sa paternité, ses souvenirs d’enfance, ne se lance pas dans une interminable course à la démagogie. Son humour est qualifié de droite, même si tout le monde en prend pour son grade. Cela ne cadrait pas avec les canons du moment, alors, cela ne pouvait que marcher. Bonne pioche, monsieur Ruquier ! En quelques semaines, une star est née. Une tournée, le théâtre du Rond-Point, la salle Gaveau, le Châtelet, les écrins les plus prestigieux accueilleront le diamant de l’humour. Des écrans du Point.fr, avec le déjà culte « Espace délation », à Canal+, en passant par le cinéma, Proust montre qu’il est gourmand et ne se rassasie pas de ces madeleines. Il a appris toutes les recettes : « À la télé, on me demande d’être un bouffon. Je l’ai accepté et je ne m’interdis ni la facilité ni l’outrance. Il faut faire le clown, si on accepte ça, il y a encore des choses à découvrir. » C’est ce qu’on appelle l’intelligence des situations et la lucidité sur soi et son travail.

En 2008, il obtient le prix du jury du festival d’humour de Rocquencourt et du festival du rire de Villeneuve-sur-Lot. Il obtient également le premier prix du festival juste pour rire de Nantes, et le prix « Paris fait sa comédie ». Le patron du Caveau de la République lui ouvre une première porte et Laurent Ruquier le remarque et décide de le produire.

En 2010, il remporte le Prix Raymond-Devos du Festival de Morges-sous-Rire pour son spectacle Enfin sur scène ?.

En 2011, il est l’acteur principal du film de Frédéric Beigbeder « L’amour dure 3 ans ».  Marc Marronnier, critique littéraire le jour et chroniqueur mondain la nuit, vient de divorcer d’Anne. Il est sûr à présent que l’amour ne dure que 3 ans. Il a même écrit un pamphlet pour le démontrer mais sa rencontre avec Alice va renverser toutes ses certitudes.

Depuis 2010, il participe de temps en temps à l’émission de Laurent RuquierOn va s’gêner sur Europe 1.

Il tient une chronique hebdomadaire sur LePoint.fr : « L’espace délation de Gaspard Proust ». En septembre 2012, il remplace Stéphane Guillon dans l’émission Salut les Terriens !, le talk-show de Thierry Ardisson.

http://www.rtl.be/videos/video/414136.aspx

Le FN est pour moi aux électeurs ce que la voiture brûlée est aux voyous. Ça sert à rien mais ça défoule.

DSK porte plainte aussi. Ouais j’comprends. T’imagine, trois couvertures avec la même femme ? Atteinte à la réputation de polygame.

C’est quoi un rentier ? C’est un chômeur qui a l’élégance de ne pas demander une allocation.

Bon évidemment après les Jeux Olympiques on doit s’taper les Paralympiques, quel régal ! La Cour des Miracles fait de l’EPS, le concours Lépine de la béquille orthopédique, enfin j’sais pas qui regarde ça. De toute façon y a un problème de calendrier quoi, les Jeux Olympiques, et après les Paralympiques…c’est comme voir une course de caisses à savon après une course de Formule 1.

Y a toutes ces polémiques sur les Roms, tout ça…ça va quoi ! Pour des gens du voyage, que de chichis à l’idée d’un déplacement !

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