Maurice G. Dantec

MAURICE G. DANTEC, né le 13 juin 1959 à Grenoble, est un des plus célèbres écrivains de science-fiction français. On lui doit «les Racines du mal», «la Sirène rouge» ou encore «Babylon Babies». Il a aussi publié trois tomes d'un «Journal métaphysique et polémique» intitulé «le Théâtre des opérations». (Sipa)

Difficile de caser les romans de Maurice Dantec dans un genre : Science-fiction, polar, western, considérations philosophiques ou politiques, l’ambition est grande, la vision globale, le désespoir total. Français de plume, nord-américain d’adoption, on pourrait sans le vexer, le qualifier d’occidentaliste. Prodigieusement illuminé, rocker habité, perpétuant la tradition des imprécateurs, Maurice Dantec écrit comme on frappe : on se prend en pleine face ses descriptions à vif, la violence inimaginable de la plupart de ses personnages. Homme du présent, et surtout du futur et de l’ailleurs, Dantec n’avait rien du passéiste. Original pour un réac. Monarchiste et catholique, il défendait pourtant avec force le camp de l’Amérique et la fraternité avec les juifs. Il échappait aux clichés et aux associations automatiques.  Il connectait des logiques inhabituelles. Il se foutait bien des catégories confortables et des idées qui font plaisir à penser. C’était un cyberpunk.

Il y avait surtout chez cet enfant de la banlieue rouge, aussi frêle et maigre que sa voix était forte et qui dissimulait derrière des lunettes noires un flot de larmes intérieures, une constante recherche de l’autorité suprême, de la finalité absolue qui expliquerait tout cet absurde qu’on nomme l’existence. Ses héros sont crédibles parce qu’ils sont les prolongements à peine déformés de ce que nous voyons aujourd’hui. Nanotechnologie, manipulations génétiques, visite sur Mars, tourisme spatial à la sauce Virgin… Si Philippe Muray, faisant une analyse parallèle, rigolait du même spectacle présent et à venir, Dantec proposait de ne pas en rester là et avait toujours à cœur de regarder plus haut, certes avec des circonvolutions brouillonnes et du lyrisme mystique à la limite du chamanisme hermétique, mais toujours habillé de fulgurances imparables.

Les auteurs d’anticipation sont rarement pris au sérieux de leur vivant. C’est injuste. Ils passent sans transition de la case d’auteur de genre à celle d’auteur culte. Dantec injecte directement dans le cerveau ses idées philosophico-poétiques sur le futur ou l’état actuelle de notre société. Survitaminée et, oui, parfois asphyxiante, telle peut-être décrite l’écriture de Dantec ; tout est excessif et on en redemande ! 

MAURICE G. DANTEC, né le 13 juin 1959 à Grenoble. Il naît au sein d’une famille communiste. En 1970, il entre au lycée Romain-Rolland d’Ivry-sur-Seine, en pleine banlieue « rouge ». Une fois le baccalauréat en poche, il débute des études de lettres modernes, qu’il abandonne pour fonder le groupe de rock État d’Urgence qui deviendra ensuite Artefact. Le groupe est dissous peu après la sortie de son unique album, en 1980, et Dantec occupe alors un emploi de concepteur-rédacteur dans la publicité pendant les années 1980.

En 1992, il écrit La Sirène rouge, un roman à mi-chemin entre le polar et le roman-feuilleton, qui remporte le Trophée 813 du meilleur roman francophone en 1994. En 1995, avec Les Racines du mal, il signe un second roman mâtiné de polar et de science-fiction qui lui vaut de remporter en 1996 le grand prix de l’Imaginaire du roman francophone et le prix Rosny aîné dans la catégorie « roman ». En 1998, il quitte la France et s’installe à Montréal, au Québec3.

Romancier et essayiste

Avec Le Théâtre des opérations, journal métaphysique et polémique, dont le premier volume s’intitule Manuel de survie en territoire zéro (publié en 2000), Dantec livre un essai à caractère autobiographique où il laisse libre cours à ses réflexions. Cet essai hybride est présenté par l’auteur en ces termes :

« Mais qu’est-ce précisément ce qu’est en train de produire en parallèle cet objet étrange, ni journal intime, ni critique de l’actualité, ni essai critique, ni pamphlet philosophique, ni acte de sabotage moral, ni acte de foi, et pourtant un peu de tout ça en même temps (…)4. »

En 2001, Dantec livre la suite de ses réflexions dans le second volume du Théâtre des opérations : Laboratoire de catastrophe générale présenté sous la forme d’un journal. Dantec a pris l’habitude de se référer au Théâtre des opérations sous l’abréviation TdO.

Avec Villa Vortex, l’auteur revient en 2003 à la fiction. Mais Le Théâtre des Opérations a laissé ses traces. C’est finalement l’éditeur Albin Michel qui publie Cosmos Incorporated à la rentrée littéraire 2005 et American Black Box sans censure en janvier 2007. De 2004 à 2006, Maurice Dantec participe à la revue conservatrice Égards et au Ring où il s’est par exemple prononcé pour le « non » au référendum du 29 mai sur le projet de constitution européenne. En l’espace de deux ans, il livre une vingtaine de textes pour la presse en ligne et la presse papier. En 2006 sort Grande Jonction, suite de Cosmos Incorporated et la rentrée littéraire 2007 est marquée par la sortie d’Artefact : Machines à écrire 1.0.

Après avoir été publié par les éditions Gallimard dans les prestigieuses collections « noire » puis « blanche », Maurice G. Dantec avait pris un agent littéraire, David Kersan, qui l’avait transféré aux éditions Albin Michel.

En mai 2011, la rumeur a annoncé le come-back de Maurice G. Dantec. Son nouvel éditeur, David Kersan, expliquait que celui qui avait scotché la France avec ses «Racines du mal», l’ancien enfant prodige de la SF française, revenait à son coeur de métier, le cyberpunk. Qu’il remettait en selle les personnages de «Babylon Babies», son plus gros succès, sorti il y a treize ans: Hugo Cornelius Toorop, le mercenaire musculeux qui lit de la théologie médiévale, ou les sœurs Zorn, jumelles génétiquement modifiées. Ses admirateurs y ont cru: avec «Satellite Sisters», il allait renouer avec le succès.

C’était oublier sa légendaire fantaisie autodestructrice. Le 10 août, quelques jours avant la sortie du livre, le prophète aux lunettes noires demande en référé que la mise en vente du livre soit interdite. Puis il dépose une série de plaintes au civil et au pénal, notamment pour «abus de faiblesse», contre Kersan et ses toutes nouvelles Editions Ring. Il veut faire annuler son contrat.

Le référé a été rejeté, et on peut être perplexe sur les autres plaintes: quelques semaines plus tôt, on le voyait au Cap-Ferret, souriant, exprimer sa profonde extase à l’idée d’être édité par Ring. Que s’est-il passé? «Il a dû avoir une crise, raconte Raphaël Sorin, conseiller de la maison, vieux crocodile qui en a vu d’autres, parce qu’il s’est soudainement mis à raconter que Kersan et moi avons monté un complot pour le tuer.»

Quand le pape rencontre Rastignac

Dantec estime que son contrat a été signé alors qu’il était assommé par les psychotropes et la morphine, au cours d’une année 2011 cauchemardesque: le 2 avril, il était effectivement admis à l’hôpital de Montréal pour un choc septique majeur et un double pneumothorax. «On me laissait entre une et deux heures de survie», raconte-t-il. S’ensuivent un coma artificiel d’une semaine, trois opérations, dont deux ratées, la pose et le retrait sous anesthésie générale d’un anus artificiel, le traitement d’un glaucome ouvert, l’ablation d’un nodule au poumon et une embolie pulmonaire. A quoi il faut ajouter le Cypralex et le lithium qu’il prend, jusqu’en février 2012, pour contenir sa bipolarité.

«Fou à lier», «personnage insignifiant»: Dantec et Kersan se traitent aujourd’hui de tous les noms. Les bas-fonds du web regorgent soudain de rumeurs colportées par de mystérieux corbeaux: Kersan roulerait dans une Porsche achetée avec l’argent extorqué à Dantec, Dantec serait un plagiaire industriel. C’est la fin pathétique d’un duo qui se produisait à Paris depuis huit ans, et qui a laissé des traces. Difficile de trouver quelqu’un acceptant de parler d’eux, encore moins à visage découvert. «Ouh là, s’entend-on ainsi dire par une personne qui a croisé leur chemin, ne comptez pas sur moi pour parler. Je n’ai pas envie d’avoir des problèmes avec eux.»

Tout commence en 2004, David Kersan, sulfureux Rastignac de 27 ans, sympathisant d’une extrême-droite farfelue qui se targue d’organiser des combats à mains nues, devient l’agent littéraire de Dantec. Celui-ci est chez Gallimard, mais ses déclarations de croisé en guerre contre l’islam et ses connexions, même ténues, avec un groupuscule identitaire provoquent la rupture.

«Il y a eu des discussions sur son délire anti-islam, se souvient Aurélien Masson, directeur de la Série Noire, qui travaillait alors avec Patrick Raynal. Mais en réalité Dantec était ingérable. Il se prenait pour le pape. Quand Kersan est apparu dans l’équation, Antoine Gallimard a compris que ça allait mal finir. La suite lui a donné raison.»

Mystique bling-bling

Kersan racontera plus tard avoir dit au vénérable Gallimard: «Si vous refusez de transférer Dantec, il vous fait savoir qu’il a un fusil à pompe et qu’il s’en servira.» On a tenté de vérifier: personne ne s’en souvient. Kersan, comme Dantec, est un rouleur de mécaniques. Il débarque en blouson de cuir chez Albin Michel et dit: «Votre maison a l’air sérieuse, mais vous n’avez aucun vrai écrivain.» Il obtient des à-valoir déments par rapport aux ventes de Dantec, 120.000 euros par roman selon certains (Albin Michel ne divulgue pas ces chiffres).

«Ils se comportaient comme deux enfants, obsédés par le fric, se souvient un cadre de la maison. Ils se tapaient dans les mains en gloussant: « On les a baisés ! »» Pour la sortie de «Cosmos Incoporated», en 2005, il organise une soirée démentielle à la Cigale, avec un groupe de rock qui chante en play-back. Les connaissances identitaires de Dantec sont dans la salle. Kersan clame que Dantec est le plus grand écrivain français. «Ils se sont épris de cette mystique bling-bling et adolescente de la rock star», dit un ami de Dantec qui a coupé les ponts, écœuré par le simulacre.

L’écrivain reproche aujourd’hui à son agent de l’avoir poussé à l’isolement, de s’être interposé entre lui et le reste du monde, notamment en confisquant sa page Facebook. Kersan a répondu par voie de presse qu’il possède des e-mails dans lesquels Dantec lui demandait explicitement de filtrer toutes les demandes le concernant.

Des deux, qui manipulait l’autre? Un collaborateur d’Albin Michel: «L’influence de Kersan sur Dantec était totale. Il lui faisait dire ce qu’il voulait. Dantec est quelqu’un de fragile.» Une connaissance du duo: «Dantec a toujours voulu devenir une rockstar. Il s’est mis à croire ce que Kersan lui racontait.» Mais le jeune agent est de son côté fasciné par le magnétisme indéniable de l’écrivain, «à la limite de l’adoration amoureuse», selon quelqu’un qui les a vus travailler. C’est un cas particulier d’abus de faiblesse: deux faibles qui s’abusent mutuellement.

«Il a débarqué pour me casser la gueule»

Maintenant qu’il est éditeur, David Kersan regrette le mauvais souvenir qu’il a laissé. En plus du gâchis financier, il parle de l’affaire comme d’un «calvaire» qui lui «explose au visage». Il refuse de nous parler, mais affirme tout de même, visiblement fébrile: «Pendant des années, j’ai tenté de canaliser sa violence. Maintenant, J’en suis la cible.»

Dantec aussi a l’impression de se réveiller d’un cauchemar. Son exil montréalais (depuis 1999) a été moins paisible qu’il ne l’admet. Il a multiplié les sorties médiatiques violemment islamophobes. Dans son quartier huppé du Mont-Royal, il est le célèbre Français agressif qui apostrophe les gens dans la rue et se prend pour la réincarnation de saint Dominique. La police canadienne confirme qu’il n’est pas un piéton tranquille, évoquant par exemple une trouble bagarre, en novembre 2010, et une plainte déposée par un Dantec gravement blessé.

Un de ses amis d’enfance, Eric Vennettilli, qui vit aujourd’hui au Venezuela, raconte une autre anecdote: «Après la sortie du premier tome de son « Théâtre des opérations » en 2000, j’avais écrit un article expliquant qu’il m’avait emprunté plusieurs idées sans m’inclure dans les remerciements. Il est devenu fou. Il a débarqué dans un vernissage avec ses sbires pour me casser la gueule. Un de mes amis s’est fait éclater une bouteille de bière sur le crâne. Je l’ai giflé, il est parti en hurlant, toujours suivi par sa cour de lèche-bottes.»

Inspiration et aspiration

Dans les interviews, Dantec aime bien faire état de son goût pour la confrontation virile. Vennettilli n’y croit pas: «Maurice a toujours été quelqu’un de très faible, physiquement. Au lycée, quand on était punks, c’était toujours lui qui prenait les claques.» Il a prétendu avoir combattu en Yougoslavie avec des mercenaires croates en 1995, jusqu’à ce que le reporter de guerre Philippe Lobjois lui rappelle que c’était un «fantasme».

Lobjois connaît Dantec. Son travail sur les mercenaires des Balkans a largement nourri ses romans. Il n’est pas le seul à avoir été recyclé par la machine Dantec: le spécialiste ès serial killers Stéphane Bourgoin a retrouvé des pans de son travail dans «les Racines du mal» ; le sociologue Thierry Bardini et Eric Vennettilli lui ont fourni la plupart de ses analyses techno-scientifiques. «Il n’a jamais été fort sur ces questions, affirme Vennettilli. Son fonctionnement n’est pas l’inspiration, c’est l’aspiration».

Un éditeur chez Gallimard confirme: «Dans « Villa Vortex », il y avait un passage sur la kabbale. On sentait qu’il avait avalé une caisse de bouquins et la régurgitait en vrac». Et tous ses proches de raconter les nuits dantesques où l’ogre déroule du texte sans s’arrêter, agrégeant tout ce qui lui passe sous la main en fumant d’énormes joints d’herbe hydroponique et en buvant des litres de Coca.

«On s’en fout !»

Au fil des ans, Dantec s’est engagé dans un projet littéraire démesuré où fusionnent métaphysique, technologie, théologie, géopolitique et physique quantique. Il n’a plus supporté qu’on lui demande toujours le même polar simplet: «C’est comme les vieux accrochés aux tubes de leur jeunesse: c’est pathétique». Il a cherché à pervertir le genre. «Il pioche un peu partout, sans méthode, si ce n’est celle de la citation perpétuelle, analyse un proche. Il voudrait être vu comme un homme de savoir. Il a décroché de la fac assez vite: c’est une humiliation refoulée».

Chez Gallimard, on avait fini par lui renvoyer ses manuscrits raturés sur des pages entières, avec dans les marges d’assassins: « On s’en fout !» Chez Albin Michel, son appétit cosmique a produit des livres comme «Métacortex», pavé jargonneux et totalement hermétique. La maison a fini par jeter l’éponge. «On n’arrivait pas à promouvoir ses livres», résume poliment son ex-éditrice, Françoise Chaffanel. «Jusqu’à Babylon Babies, il pense encore à ses lecteurs, tranche un ami. Après, il s’en désintéresse.» Ses lecteurs le lui ont bien rendu: 50.000 ont acheté «Babylon Babies». «Métacortex» a culminé à 5000 exemplaires.

«C’était sa dernière chance. Il l’a bousillée.»

Dans le bien plus lisible «Satellite Sisters» (2000 ventes à ce jour), on trouve encore des enfilades de phrases comme: «Leur bootstrap fut parfaitement simultané corrélation quantique.» Ou encore: «Transition en mode analogique/ digital personnel, techniques yoga/ taïchi incorporées jongle- équateur-bunker.»

Dantec reproche à Ring d’avoir récrit son livre, bien qu’il affirme avoir retouché son manuscrit «de façon clandestine» à la dernière minute. Sorin: «On a fait le travail qui n’avait pas été fait chez Albin Michel.» Gaël Giovannelli, qui s’en est chargé, a déclaré que ce «travail n’était pas de tout repos». Comprendre: il a fini sous antidépresseurs.

Où Dantec peut-il aller, désormais? Après Albin Michel, il avait essuyé plusieurs refus, y compris à la Série Noire. Kersan lui avait dégoté un contrat miraculeux chez Rivages, à condition qu’il revienne au roman noir. Mais en guise de polar l’éditeur François Guérif a reçu une «déviation mutante», selon Dantec, qui en détaille ainsi le contenu: «Mixez pédophilie, ultra-violence narcissique, théories de la conspiration, rock’n’roll, historiographie de la bombe atomique, physique quantique.»

Sorin, l’air désolé, juge que «Ring était sa dernière chance. Il l’a bousillée. J’ai beaucoup de copains éditeurs, je les vois mal y aller. C’est trop risqué, avec une littérature pas forcément digeste.» Dantec, lui, nous écrit: «Ma littérature est un Acte, un Echo du Verbe, comme le rayonnement à 3 degrés Kelvin qui subsiste du big bang. Elle ne peut donc pas être touchée directement par la chute.»

David Caviglioli

Manuel de survie en territoire zéro. Le Théâtre des opérations 1, 1999

« Le problème du fascisme : comment faire des génies avec des idiots. Le problème du communisme : comment faire des idiots avec des génies. »

Les certitudes sont les ennemies de la vérité.

Le capitalisme est le système d’exploitation dont l’homme est l’ordinateur.

Il y a deux manières de combattre la liberté de pensée: sa suppression pure et simple et le droit donné aux abrutis de la recouvrir de leur bavardages.

Naître et ne pas être, telle est notre condition.

Lorsque l’homme se libère de la gravitation terrestre, c’est pour subir les contraintes de l’apesanteur.

American black box. Le Théâtre des opérations 3, 2002-2006

Je crois que c’est un aristocrate du XIXème siècle, Robert de Flers, qui disait les choses ainsi : « N’apprenez jamais l’Histoire de France à un jeune esprit : il pourrait aisément devenir réactionnaire. » On comprend chaque jour un peu mieux pourquoi.

La République Américaine est une monarchie constitutionnelle dont la Constitution est le Monarque.

La Vème République, c’est la somme de toutes celles qui l’ont précédée. Quand on ajoute des quantités négatives, on se dirige toujours un peu plus vers l’infiniment moins.

L’Islam est-il soluble dans la démocratie ? Pauvres dindons bien plumés ! Que vous faut-il encore pour comprendre que votre démocratie se dissout irrésistiblement dans l’Islam ?.

Hitler, ce Mahomet du Tyrol.

C’est avec les pacifistes qu’on fait les meilleurs collabos.

Les musulmans, et pire encore les musulmanes, sont les premières victimes de l’Islam.

La démocratie ne peut être garante de la liberté car, d’une façon qui n’est qu’apparemment tautologique, seule la liberté est garante de la liberté.

La quatrième guerre mondiale a commencé

Entretien avec Maurice G. Dantec  Publié le 31 janvier 2009  dans CAUSEUR

Le monde entier se réjouit et croit que l’Amérique rebondit. Le monde entier sauf vous. Votre nature disons malicieuse vous pousserait-elle à détester ce que la plupart des gens aiment ?
N’est-ce pas plutôt l’inverse ? Les masses démocratisées ont le don d’opter pour tout ce qui me fait horreur. Quant à Barack Hussein Obama, on voit déjà la RealPolitik remplacer les beaux discours humanistes. Les Américains en avaient juste marre de se faire cracher au visage par tous les bobos de la planète, de l’extrême-rien à l’extrême-nul, alors qu’ils sont la forteresse du Monde Libre et qu’ils le savent. J’attends avec impatience le départ des soldats américains d’Irak : on assistera à une guerre civile interconfessionnelle de grande ampleur, avec des rebondissements intéressants entre l’Iran et le Pakistan, à côté, Gaza City ressemblera à un ball-trap. Lorsque les forces occidentales partiront d’Afghanistan, les Talibans seront de retour au pouvoir en moins d’un mois. Les mêmes qui ont voté (ou auraient voulu le faire) pour Obama pleureront alors à chaudes larmes sur le sort des femmes exécutées ou lapidées publiquement dans des stades bourrés de crétins barbus.

De bonnes âmes humanitaires iront peut-être jusqu’à le faire intervenir au sud-Soudan ?
Sur le plan économique, le Magicien d’Oz ne peut rien faire d’autre que de pratiquement tripler le déficit US en 2009, jusqu’à 1,2 trillions de dollars ! Its the economics, stupid !
Personnellement, ce début d’année m’enchante au plus haut point.

Vous remarquez que “promouvoir un homme politique par la couleur de sa peau” a quelque chose de raciste. Mais vous admettez sans doute que certaines populations ont souffert et souffrent encore du racisme, institutionnalisé ou non.
Je remarque une fois de plus que voter pour un noir parce qu’il est noir n’est pas un geste foncièrement raciste. Si j’appelle à voter pour un blanc parce qu’il est blanc il est probable que je risque la prison. Par ailleurs, quand vous connaissez la tradition “politique” de l’Illinois (État champion toutes catégories en matière de gangstérisme et de corruption) vous me permettrez d’émettre un doute sur les “mérites” de l’ami du Pasteur Wright, antisémite notoire qui a “formé” le sénateur Barack Hussein Obama.

“On ne voit pas en quoi le taux de mélanine de Barack Obama va l’aider à résoudre les problèmes de la première puissance du globe”, écrivez-vous. Sans doute. Mais outre qu’il ne va pas l’en empêcher non plus, qu’est-ce qui vous déplaît dans son programme ? Vous ne voulez pas d’un président noir ?
Si un noir Républicain s’était présenté, j’aurais appelé à voter pour lui. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, personnellement je porte du noir tous les jours.
Son programme ? Post-gauchisme californien + archéo-sociale-démocratie + culpabilisation du White Anglo-Saxon Protestant + politique étrangère sans réelle consistance + mensonges à ses propres partisans + comeback de la RealPolitik avant même son entrée en fonction + économie portnawak où protectionnisme se conjugue avec le capitalisme le plus effréné + candidat du gros pognon new-wave + valeurs progressistes-eugénistes + foi religieuse étrangement syncrétique + amitiés douteuses de crétins antisémites + incompétence governoriale + rhétorique d’avocaillon sorti de Harvard + Vendeur de Rêve comme on dit Vendeur d’automobiles d’occasion = ? Pas le moindre taux de mélanine là-dedans, je m’intéresse plus à la structuration neuronale. Vous n’avez pas compris qu’il sera amené à faire “bien pire” que Georges Walker Bush.

Avec la présidence Bush, vous saluez “la dernière souveraineté impériale qui menaçait le projet de gouvernement socialiste supranational de l’Onuzie”. Elle menaçait qui ou quoi à part l’Amérique elle-même ? Qui tremblait devant Bush ? Hu Jintao ? Poutine ? Même pas Bachar el-Assad. Sur quel front la sécurité mondiale a-t-elle progressé durant ces huit ans ?
Elle menaçait en premier lieu la dictature supranationale de l’ONU, et en ce sens cette souveraineté impériale défendait l’ensemble de tous les hommes libres de la planète, menacés par le communisme cool du 21e siècle, complice des criminels de guerre Talibans et des terroristes fanatiques de tout poil. De fait elle défendait surtout la liberté et la souveraineté des États-Unis, celle qui importe pour eux, après tout, que les autres se débrouillent avec leur “Big Mother”. J’indique aussitôt que cette guerre entre la Souveraineté Impériale et le supranationalisne Onuzi se concentre aux USA mais a lieu, évidemment, en tous points du globe.
Ah bon, Al-Assad n’a pas compris en quoi la destitution de son frère ennemi du Baas irakien menaçait son propre pouvoir ? J’ai dû rater un épisode, d’où venaient, déjà, tous ces “insurgés” entre 2004 et 2007 ? Ah, oui, du Costa-Rica, j’oubliais.
En quoi la sécurité mondiale a-t-elle progressé ? Mais je rêve ou quoi ? Vous n’avez pas compris que depuis le 11 septembre 2001, la récréation est terminée ? C’est la guerre, la IVe guerre mondiale, celle qui se mène sur tous les fronts à la fois. Il n’y a eu aucun attentat aux USA depuis sept ans justement, en revanche, il s’en est produit en Europe, on se demande pourquoi. Peut-être pas la même conception de la « sécurité », précisément. Rappelez-moi où se trouve votre Guantanamo Bay ?

Idem pour la grande croisade démocratique promise par les néo-conservateurs. Certes, le régime de Saddam Hussein a cédé la place à… on ne sait quoi, mais d’accord, c’est un progrès. Pour le reste, les mêmes dirigeants (ou leurs enfants) corrompus sont en place et, de surcroît, ils sont devenus indispensables à une Amérique affaiblie.
Ah, parce que vous pensez que démocratie et corruption sont incompatibles ? J’adore votre sens de l’humour.
Indispensables à l’Amérique ? On entre dans le domaine du pur comique. C’est très exactement l’inverse, tous ces pays vivent grâce au pétrole que l’Occident leur achète et aux méga-subventions que les Etats-Unis leur versent pour éviter leur total effondrement. La destruction comme point préliminaire, disait Ernst Jünger. Je me contretape de ce qui succèdera à Saddam Hussein et à ce gouvernement de transition. Encore une fois, j’ai peur de me répéter, mais c’est la guerre, c’est-à-dire la propagation contrôlée du chaos. Cette guerre a été pliée militairement dès 2007, ce qui va en sortir sur le plan géopolitique risque d’être fort intéressant. Ce qui comptait c’était de foutre en l’air Saddam Hussein, en tant que tel, parce qu’il était justement le maillon faible de toute le dispositif. Ce qui arrivera à l’Irak, c’est aux Arabes, et aux Iraniens, de le décider. Connaissant ces pays et leurs principaux voisins, je parie sur une authentique catastrophe régionale, il suffira d’attendre que le prix du baril de brut vaille celui d’un bidon d’eau de vaisselle sale.

De même, votre Amérique qui fait peur aux “bobos du Grand club med internationaliste” est quand même un peu composée de born-again égarés qui pensent qu’il faut brûler Darwin et se faire justice soi-même.
Oui, oui, bien sûr, tout le monde sait que les 48 % d’Américains qui ont voté Mc Cain sont des crétins de “rednecks” ignares qui brûlent les livres de Darwin, et ceux de la Bibliothèque Rose, tous les matins en se levant, après un salut au drapeau devant une croix enflammée. D’autres poncifs typiquement français ?
Quant au second amendement de la Constitution, il est heureusement indéboulonnable et il est ce qui fait de tout Américain un homme libre, c’est à dire un homme ayant le droit de porter une arme, comme à Sparte, ou Rome.

La guerre, écrivez-vous, est l’unique forme pensable du monde. Pour vous, on a l’impression qu’elle est surtout l’unique forme désirable. L’âge démocratique et consumériste est sans doute ennuyeux, mais que faire si c’est ce que veulent “les gens” ? Rappelez-vous la conclusion de la lettre aux djihadistes de Muray : “Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts.”
Ce que veulent “les gens” m’indiffère au plus haut point. Que voulaient “les gens” en 1940 ?

Je cite Muray, certes que j’estime, mais ai-je le droit d’être parfois en désaccord avec lui ? On ne gagne rien quand on est mort, il subsistait peut-être une trace de nihilisme dans sa pensée. Ce sont les Bédouins djihadistes qui sont du côté de la Mort (rappelez-vous Madrid 2004), et où est sa victoire ? – demandait Saint Paul -, l’occident bobo-gauchiste n’en a même plus la force.
Mais comme aux Thermopyles – 300 contre 10. 000 – la civilisation indo-européenne s’appuie toujours sur un petit nombre d’hommes libres (donc armés) contre des myriades d’esclaves.

Vous regrettez que l’Europe ait été incapable d’accueillir la Russie dans une Alliance transocéanique mais, sur ce point il y a eu une grande continuité de Clinton à Bush, d’Albright à Rice.
Vous êtes dans l’erreur sur ce point précis : Condoleezza Rice et l’ensemble de l’administration Bush ont multiplié les contacts avec la Russie de Poutine, rappelez-vous le discours à Moscou en 2003, lorsque la Russie a laissé l’intervention en Irak se dérouler. De multiples propositions ont été faites, mais le vieil establishment post-soviétique est resté bloqué sur l’époque de l’URSS, et Zeropa-Land n’a su produire ni le moindre geste significatif, ni la moindre proposition concrète. Par conséquent le projet du bouclier anti-missile fut perçu comme une provocation par Moscou. Si on rajoute l’arrogance “eurodémocratique” des Ukrainiens qui détournent le gaz en provenance de Russie et ne paient pas leurs traites et les Géorgiens qui veulent jouer les gros bras en Ossétie du Sud, on peut comprendre que les Russes commencent à s’énerver.

La guerre civile américaine entre une Gauche incarnant l’alliance des bourgeois pétris de mauvaise conscience et des minorités ethniques et une droite représentant les “petits blancs” est selon vous le modèle des guerres à venir. Faut-il en conclure qu’elles seront ethniques et sociales ?
Oui. Et transnationales, de surcroît.

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