Pierre Desproges

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Pitre, provocateur, amuseur public, misanthrope, moraliste, pourfendeur de l’hypocrisie et de la médiocrité de son temps, chroniqueur de la haine ordinaire… Pierre Desproges, maître es humour noir, tirait sur tout ce qui bougeait et sur tout ce qui était immobile. Les pauvres, les riches, les militaires, la gauche, la droite, les hommes, les femmes, »l’intelligentsia crapoteuse », « les humanistes sirupeux », l’armée, le Pape, les jeunes, les politiques, les journaleux, les Restos du cœur, SOS Racisme…

N’hésitant pas à s’attaquer aux sujets les plus sensibles avec une verve féroce. Aimant « trop les hommes pour les tolérer médiocres », son courroux n’épargna à peu près rien ni personne. Mais Desproges aime surtout  les mots. Il les aime d’un amour obsessionnel, partial et toujours facétieux.

En débroussaillant les sentes escarpées de la cruauté, il a influencé beaucoup d’autres humoristes, mais personne n’a placé le sarcasme à de telles altitudes. « A part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche. » Sa prédilection pour les provocations destinées à prendre le public à contre-pied des positions convenues l’ont longtemps rendu difficilement classable.

Desproges est né le 9 mai 1939 à Pantin de parent originaire de Châlus en Haute-Vienne, nous célébrons cette année les 25 ans de sa disparition.

Avant de se tourner vers la carrière de comique qu’on lui connait, il entamera des études de kinésithérapie qu’il abandonnera assez vite, écrira des romans-photos (qui seront publiés), vendra  des assurances-vies (qu’il rebaptise assurances-morts) puis des poutres en polystyrène expensé.

Presse et Média

Par la suite, son amie d’enfance Annette Kahn le fait entrée à l’Aurore où il devient journaliste. Jacques Perrier, qui était alors le chef de services aux informations générales, n’aimant pas son humour, le fait renvoyer. Il travaillera pour Paris-Turf jusqu’à ce que Benard Morrot (qui remplace Perrier licencié en 1968) le fasse revenir à l’Aurore pour lui confier une rubrique des brèves insolites. Desproges la nommera « Rubrique des chats écrasés ».  Il s’adonne à l’ivresse des « actu générales » et se fâche au passage avec l’idole des jeunes de gauche, Jacques Mesrine, qu’il qualifie de « fanfaron suicidaire ». L’ennemi public n°1 lui répond par courrier : « J’ai connu beaucoup de clowns qui, s’amusant à mes dépens, ont fait leur dernier tour de piste ! »

Il devient chroniqueur dans l’émission de Jacques Martin, Le Petit Rapporteur, dans lequel ses prestations avec Daniel Prévost ont fait date dans l’histoire de l’humour noir et du cynisme. Il finira toutefois par claquer la porte, ses interventions étant de plus en plus souvent coupées au montage, et retournera à l’Aurore.

En 1980 et 1981, il collabore à Charlie Hebdo avec une petite chronique intitulée Les étrangers sont nuls ;

Il participera et animera plusieurs émissions sur France Inter entre 1978 et 1986:

  • en 1978 et 1979, il anime en compagnie de Thierry Le Luron l’émission hebdomadaire Les Parasites sur l’antenne
  • entre 1980 et 1983, il est le procureur du Tribunal des Flagrants délires en compagnie de Claude Villers et Luis Rego. Ses féroces réquisitoires commencent invariablement par son célèbre : « Françaises, Français, Belges, Belges… » et par « Public chéri, mon amour ! » pour se terminer par une sentence sans appel : « Donc, l’accusé est coupable, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi. » ;
  • il anime en 1986 une chronique quotidienne intitulée Chronique de la haine ordinaire, où il traite de sujets qui le révoltent, à travers des coups de gueule de deux ou trois minutes environ.

Entre 1982 et 1984 sur France 3 il assure « La minute nécessaire de Monsieur Cylcopède »  qui, selon lui, divise la France en deux : « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n’aiment pas. »

La Scène

En 1975 et les années suivantes, Pierre Desproges est à l’Olympia sur scène aux côtés de Thierry Le Luron. En 1978-79, il débute en tête d’affiche sur scène dans un petit théâtre du quartier Mouffetard, le Théâtre des 400 coups. Il joue devant un maigre public une pièce de théâtre drolatique: « Qu’elle était verte ma salade »… Il est aussi avec Thierry Le Luron à Bobino.

Il introduit à plusieurs reprises les tours de chant de Dalida. Dans les coulisses, les rapports sont houleux avec Orlando, le frère de la chanteuse, qui ne comprend pas toujours le second degré de l’humoriste.

Sur les conseils de Guy Bedos, il remonte sur scène en 1984 au Théâtre Fontaine et en 1986 au Théâtre Grévin

Cancer, décès et inhumation

En 1986, une douleur dorsale le foudroie alors qu’il joue au golf avec le chanteur Renaud. Les médecins qui l’opèrent ne peuvent que constater les dégâts : ses deux poumons sont atteints par un cancer, l’humoriste est condamné. En accord avec Hélène Desproges, son épouse, ils décident de lui cacher la vérité et prétendent avoir retiré une tumeur sans conséquence. Lentement, l’état de santé de Pierre se dégrade. L’humoriste ressent une fatigue chronique mais continue d’honorer ses engagements professionnels sans se douter que le cancer le ronge. Pour tenir le rythme de la tournée de son spectacle, des cocktails de remontants lui sont administrés directement dans les muscles. En mars 1988, il accepte d’interrompre sa tournée pour reprendre des forces à l’hôpital. Il y meurt le 18 avril, entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988. Ses obsèques se déroulent au Cimetière du Père-Lachaise à Paris après une messe.  Sa sépulture est un minuscule jardinet entouré d’une grille avec une simple plaque, où une partie des cendres a été mélangée à la terre (sur dérogation de la Ville de Paris) 

Contrairement à ce que prétend la légende, ce n’est pas lui qui a rédigé la dépêche annonçant sa mort (« Pierre Desproges est mort d’un cancer. Étonnant, non ? » en référence à la phrase de conclusion rituelle sur FR3 de « La minute nécessaire de Monsieur Cylcopède »   ), mais Jean-Louis Fournier, réalisateur de la Minute nécessaire et proche de Desproges. Au départ, cette dépêche devait être « Pierre Desproges est mort d’un cancer sans l’assistance du professeur Schwartzenberg », proposée par Hélène Desproges. Mais elle a finalement renoncé à inclure cette précision afin d’éviter d’éventuelles poursuites.

A part la Droite il n’y a rien que je déteste autant que la Gauche…

Un humour grinçant

Célèbre pour son humour grinçant mis en valeur par une remarquable aisance littéraire, Desproges s’est notamment illustré avec des thèmes souvent évités, quoique mal à l’aise face à certaines personnes, « stalinien pratiquant», « terroriste hystérique» ou « militant d’extrême-droite ». Comme il le disait lui-même : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ».

Ses traits d’humour révèlent généralement un personnage bon vivant,individualiste et anticonformiste. Différentes sources le qualifient d’« anarchiste de droite » (entre autre:« Pierre Desproges, anar de droite », L’Evènement du jeudi, no 733-739, 1998) bien que sa prédilection pour les provocations destinées à prendre en permanence son public à contre-pied des positions convenues le rende difficilement classable. Il n’hésite pas à s’attaquer aux sujets les plus sensibles avec une verve féroce.

La plume de Desproges est le couteau suisse de l’écriture : une lame tranche dans le lard de la bêtise, l’autre creuse l’hypocrisie, la troisième lime les tabous, la quatrième déquenouille les angoisses du ­caveau. Digressions interminables truffées d’adjectifs, raccourcis cinglants (« Mesdames, pour rester belles, suicidez-vous à 39 ans et demi »), verbe fleuri soudain ensemencé de crottin, il jouait en permanence sur les décalages, à tel point qu’il était impossible de deviner au début d’un texte où il voulait en venir : « Ce qui doit faire marrer les gens, ce sont mes phrases très clean qui, tout d’un coup, tombent dans un ravin ». Un don inné ? Que nenni. « Pour cinq minutes de ma verve, je passe des heures dans les transcendances de l’écriture. C’est du travail. » Se considérait-il pour autant comme un écrivain ? « Sûrement pas, Maurice Genevoix qui marche pensivement dans la forêt en regardant les écureuils s’enculer dans les arbres, ça, c’est un écrivain. Je suis un écriveur, peut-être. »

La Démocratie

Les non-handicapés

Non aux jeunes

Rire de tout ?
« On me dit qu’il y a des Juifs dans la salle ? » Ce texte incroyablement culotté, peut-être le plus audacieux de sa carrière, serait-il audible aujourd’hui ? On veut croire que oui, même si déjà, à l’époque, Desproges n’était pas sûr de lui et misait sur les quinze degrés de lecture de son brûlot humoristique : « Les ­antisémites n’osaient pas rire et les Juifs se croyaient obligés de rire. » Pour se convaincre qu’on peut rire de tout, même en 2008, il faut le réécouter, le relire. Là où Dieudonné se casse la figure, sans style, dans des sketchs de brasserie viennoise, ­Desproges joue le funambule suspendu aux extrémités d’un humour qui touche l’intouchable (« Quand on me dit que, si les Juifs allaient en si grand nombre à Auschwitz, c’est parce que c’était gratuit, je pouffe »). Rire de tout, mais pas avec tout le monde : « Il vaut mieux rire d’Auschwitz avec un Juif que jouer au Scrabble avec Klaus Barbie. »

Violence et vitriol
Les victimes de Desproges ne riaient pas du tout. Il était capable d’une violence dévastatrice. En plein spectacle, alors que Christine Ockrent­ avait fait plusieurs fois la une de Télé 7 jours avec sa famille ou son nouveau-né, il lâche une grenade : « Si elle avait fait une fausse couche, elle aurait posé avec le placenta. » Au Tribunal des flagrants délires, il assassine à tout-va. Le 29 octobre 1982, Patrick Poivre d’Arvor, « un homme déchiré par les contradictions insupportables de sa personnalité de dieu vivant, moitié Chateaubriand, moitié Jean-Claude Bourret », est débité en copeaux à l’occasion de la sortie de son premier livre, Les Enfants de l’aube : « Un livre qui nous conte l’histoire d’un adolescent leucémique qui rencontre dans un hôpital à leucémiques une jeune Anglaise leucémique. Dans un style leucémique également, l’auteur nous conte la passion brûlante et désespérée de ces deux êtres fragiles […]. 203 pages de romantisme décapant pour le prix d’un kilo de débouche-évier. » En comparaison, le drôle Stéphane Guillon a des manières de jouvencelle pusillanime.

Incorruptible
Desproges tirait sur tout ce qui bougeait et sur tout ce qui était immobile. Pauvre Patrick Sabatier (« La vulgarité, ce n’est pas dire des gros mots. C’est Patrick Sabatier qui fait semblant d’être apitoyé par le destin d’une matrone variqueuse dont il n’a rien à foutre, et qui lui offre une Fiat alors qu’elle ne sait pas conduire »). Il était la mauvaise conscience des années 80, qui dégonflait les baudruches des bons sentiments et les révoltes trop courageuses (dénoncer Pinochet à 10 000 kilomètres de Santiago). Quand Guy Carlier roucoule comme un pigeon de printemps à l’oreille de Johnny, Desproges fusillait ses amis (Renaud, par exemple).

En débroussaillant les pdeentes escarpées de la cruauté, il en a influencé beaucoup d’autres humoristes (« l’esprit » Canal+ lui doit beaucoup). Mais personne n’a placé le sarcasme à de telles altitudes. En même temps, Plastic Bertrand n’a pas d’héritier non plus. On ne peut donc rien en conclure.

Les rues de Paris ne sont plus sûres

Que choisir

BHL

Lettre ouverte au cardinal Lustiger

A l’usage des rustres et des malpolis ( 1981 )

  • Les bonnes manières à la guerre
    • Quand un Inférieur croise un Supèrieur, l’Inférieur doit saluer le Supérieur.
      À un général, on dit mon général.
      À un colonel, on dit mon colonel.
      À un adjudant, on dit mon adjudant.
      À un deuxième classe, on dit ta gueule, à condition d’être adjudant.
    • L’ennemi : pour quoi faire ?
      Sans l’ennemi, la guerre est ridicule.
    • Comment reconnaître l’ennemi ?
      Voici quelques critères de base permettant à coup sûr de reconnaître l’ennemi.
      L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi, alors que c’est lui ! J’en ris encore !
    • Un foie, deux reins. Trois raisons d’utiliser la baïonnette.
      Le 11 novembre 1914-18, naissance à Bayonne de Césarien de la Boïonnette. Son père était tailleur, mais sa mère était là, c’est le principal.
  • Comment déclancher poliment une bonne guerre civile
    • La seule guerre raisonnablement envisageable, c’est la guerre cent pout cent française, entre français. Et puisque la haine est le moteur de la guerre, apprenons à nous haïr entre nous.
    • Les Béarnais sont-ils des gens comme nous ? Je dis non.
      Vous voulez savoir ce qu’ils mettent dans la sauce béarnaise, les Béarnais ? C’est une honte : huile de soja : 63%, farine de maïs 0.9%, estragon, cerfeuil 1.9%, excipient E312 0.2%
      Huile de soja 63% d’où vient tout ce soja ? Mais de Chine, bien sûr. De là à prétendre que les béarnais ont signé un pacte secret avec la Chine rouge, il n’y a qu’un pas.
      Sus mes preux ! Mort aux béarnais !
    • Les Bourguignons sont-ils des gens comme nous ? Je dis non.
      Dans la fondue bourguignonne, ils mettent de la sauce béarnaise ! Ce sont donc des collabos, n’ayons pas peur des mots.
      Quant aux dijonnais eux-mêmes, leurs moeurs sont une insulte permanente à la mémoire de Louis XI, qui fut à la fois le père de la réunification de la Bourgogne, qui commença par le traité d’Arras en 1482, et l’amant de Charles Martel qui commença par le traiter de connasse en 1483. Sus mes preux ! Mort aux burgondes !
    • Les bordelais sont-ils des gens comme nous ? Je dis non.
      Certains habitants du Bordelais doivent du vin de Bourgogne. Ce sont des collabos, n’ayons toujours par peur des mots.
      Sus mes preux ! Mort aux bordelais !
    • Les normands sont-ils des gens comme nous ? Je dis non.
      En 1420, les anglais s’était rendus entièrement maîtres du duché de Normandie. Ils se mirent à genoux pour remercier Dieu, puis à plat ventre pour violer les normandes.
      Sus mes preux ! Mort aux normands !
    • Les bretons sont-ils des gens comme nous ? Je dis non.
      On a pu prouver scientifiquement que le breton était têtu.
      Mais jusqu’à ce jour jour aucun breton contacté pour aider la science dans ce domaine n’a voulu prêter son concours. Donc le breton est têtu.
      Par sa faute, la recherche française marque le pas. Et c’est navrant, quand on songe que les américains ont d’ores et déjà réussi à démontrer que les nègres étaient solubles dans l’acide sulfurique.
  • Les enfants sont des cons
    • Double V. C. Fièlds ( je dirait « DA-BELL-YOU-CI FILDS » le jour où les américains dirons « CHAMPS-ÉLYSÉES » au lieu de « TCHEMPZILAÏZIZ » )
      Double V. C. Fièlds disait : Quelqu’un qui n’aime pas les enfants ne peut pas être tout à fait mauvais . Je ne sais pas si Monsieur Fièlds a raison. Tout ce que je sais c’est que Dieu l’a puni en lui donnant un prénom de chiottes.
    • Quand un enfant veut s’amuser, il ramasse un bout de bois, il dit Poum-Poum , et son copain tombe par terre, en disant Damned , s’il a appris le français dans Tintin , ou ARRG ! s’il a appris le français dans Spirou . Puis le copain se relève en disant : On dirait que j’en suis un autre .
    • Par ailleurs, la naïveté grotesque des enfants fait peine àvoir, surtout si l’on veut bien la comparer à la maturité sereine qui caractérise les adultes.
      Par exemple, l’enfant croit au Père Noël. L’adulte non. L’adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote.
  • Sachons reconnaître une femme d’un homme
    • On reconnaît l’homme à la rugosité brutale de son teint buriné, et la femme à l’incomparable fraîcheur de son teint scandinave.
    • Déshabillons un homme et une femme. Si la personne dit : Oh ! oui Albert, soit mien ! , c’est une femme. Si la personne dit : Alors Albert mon pote, ça va pas la tête ? , c’est un homme.
    • Quand vient la saison des amours, l’homme frotte la rugosité brutale de son teint buriné contre l’incomparable fraîcheur du teint scandinave de la femme, et leurs corps se mêlent dans un élan d’amour puissant et magnifique, mais il ne faut pas non plus exagérer vu que finalement c’est pareil pour les cochons, les vaches et même les phacochères. Au bout d’un laps de temps plus ou moins long, la femme dit : Oh oui olala et l’homme allume une cigarette. On dit alors que la femme est heureuse . Neuf mois plus tard, pendant que la femme accouche, elle tient la main de son mari. Ainsi il a moins peur, et il souffre moins.
  • Comment aborder une jolie femme ? Pourquoi aborder une femme laide ?
    • Il y a un seul cas où il est convenable d’aborder une femme laide. C’est pour lui demander si elle ne connaît pas l’adresse d’une jolie femme. C’est tout ce qu’il y a à dire sur ce sujet.
    • Naguère, quand j’était encore plus jeune et encore plus beau qu’aujourd’hui, j’abusais de formules toutes faites : je n’y ai gagné que déboires et coups de pied dans des endroits que la morale réprouve. Je pense notamment au jour où j’ai dragué une louloute à l’hôpital Cochin. Elle était dans un poumon d’acier. Vous venez souvent ici ? risquais-je.
    • Pour draguer, une seule méthode, dite méthode Louis XIV car le Roi Soleil l’utilisait fréquemment quand il chassait le boudin dans la galerie des glaces. Il regardait les courtisanes au fond des yeux, puis il triait les belles des moches, et disait aux courtisans : Mes amis, servez-vous : les mignonnes, c’est pour vous ; les tas, c’est moi ! .
  • Comment distinguer l’amour des toilettes ?
    • C’est extrêmement simple : l’amour est enfant de Bohème, alors que les toilettes sont enfant du couloir, à droite.
    • [..] Joséphine de Hautecloque. Mais s’appelle-t-elle seulement Joséphine ? Et sait-on seulement quelle est la hauteur de sa cloque ? ( Ce jeu de mots impérial d’une grande beauté formelle m’a valu le prix Mongolia 1981 aux jeux Olympiques cérébraux pour handicapés mentaux alpins, au col de l’aut’taré )
  • Les gens malheureux ne connaissent pas leur bonheur
    • À l’instar de la zizette quand il fait grand froid, le bonheur est un sujet difficile à appréhender.
    • Aspect footballistique du bonheur.
      À la fin du match Saint-Étienne – Nantes, Saint-Étienne gagne. Si vous êtes de Saint-Étienne, c’est le bonheur. Si vous êtes de Nantes, c’est le malheur. Si vous êtes de Brive, vous vous en foutez : c’est pas du rugby.
    • Aspect sentimentalistique du bonheur.
    • Aspect démocratitisque du bonheur.
      Lecanuet est une créature de Dieu, sauf les dents qui sont de chez Paul Beuscher.
    • Aspect évangélistique du bonheur.
      Dieu fait le bonheur. N’importe quel chrétien venant de recevoir l’eucharistie vous le confirmera : Dieu fond dans la main, pas dans la bouche.
  • Marions-nous bien poliment
    • Le tendre penchant peut se manifester à tout moment et en tout lieu, au bal, à la fête foraine, dans l’autobus, plus rarement au cours d’une mêlée ouverte dans le Tournoi de cinq nations.
      Généralement, c’est au cours d’une valse qu’une tierce personne, camarade des deux parties et donc amie des valseuses …
      Pouf, pouf …
      Généralement, c’est au bal qu’une tierce personne, amie des deux parties, présente l’un à l’autre chacun des futurs tendres penchés.
    • La cérémonie à la mairie a été simplifiée à l’extrême.
      Le maire ne dit plus : Albert Lepied, voulez-vous prendre pour épouse mademoiselle Josiane Legenou ici présente ? Mademoielle Josiane Legenou, voulez-vous prendre pour époux monsieur Albert Lepied ici présent ?
      Mais simplement : Lepied voulez-vous prendre Legenou, Legenou, voulez-vous prendre votre pied ?
  • Qui emmener en voyage de noces ?
    • Au départ, afin de mettre toutes les chances de votre côté pour que votre voyage de noces soit un succès total sur le plan touristique, sentimental et sexuel, la première chose à faire est de partir SEUL.
    • Ce conseil vaut évidemment autant pour l’époux que pour la jeune mariée. Encore qu’on peut se demander ce qu’irait raisonnablement faire une jeune femme seule à Venise, avec toute cette vaisselle qui s’accumule à Paris.
      C’est une excelente question, et je me remercie de me l’être posée. Et je me répond aussi sec : Halte là, mon garçon, point de misogynie !
      ( Quand je suis tout seul, j’avoue qu’il m’arive de m’appeler mon garçon . Je m’appelle beaucoup moins souvent ma fille  : ça m’excite et ça me retarde dans mon travail. )
    • Et puis, sourtout, ne l’oublions jamais, à Venise, on reçoit très bien Antenne 2.
  • L’hétérosexualité : pour quoi faire ?
    • Une précision d’ordre grammatical, en passant. On ne dit pas : Je suis ‘H’étérosexuel avec un ‘H’ aspiré ; on fait la liaison : Je suis ‘Z’étérosexuel . Au reste, il est interdit, en France, d’aspirer du ‘H’.
    • Comment reconnaître un hétérosexuel d’un homosexuel à sa façon de se tenir à table ?
      C’est bien simple : servons à ce bel inconnu une banane flanbée. S’il regarde la banane flambée sans piper, c’est un hétérosexuel. Mais s’il regarde la banane flambée en lui disant : Comment tu t’apelles ? , c’est une autre paire de manches.
  • Les bonnes manières au lit
    • Présentez-vous simplement, en ajoutant un petit mot gentil, même banal, qui sera toujours bien reçu pourvu qu’il ne s’écarte pas des limites du bon gout.
      Exemple : Bonjour ! Je m’appelle Robin des Bois. Tu la sens ma grosse flèche ?
    • Ces présentations devrons être simples et dépourvues d’emphase. Toute attitude pompeuse apparaîtrait déplacée. ( C’est une image : ne prenez pas l’expression attitude pompeuse au pied de la lettre. )
    • L’homme pourra avantageusement dire : Oh oui oh lala ah oui ah oui puis, appuyé sur un coude au dessus de la femme pantelante, il dira : Alors, heureuse ? .
      La femme pourra avantageusement dire : Oh oui oh lala ah oui ah oui ah oui, encore, encore, apothéose ! . Puis : Oh ! Albert, c’est la première fois que je connais un tel bonheur dans les bras d’un homme. Une simple petite phrase comme celle-ci suffit à ensoleiller la journée d’un honnête homme, sauf s’il ne s’appelle pas Albert.
  • L’autre façon d’être un con
    • Comment reconnaître un con ?
    • Y a-t-il des têtes de cons ?
    • Existe-t-il des signes extérieurs de connerie ?
      Quand quarante personne s’habillent comme un con, c’est l’ACADÉMIE FRANÇAISE. Quand mille personnes s’habillent comme un con, c’est l’ARMÉE FRANÇAISE.
    • Peut-on reconnaître un con à se démarche ?
      Quand il part, on dirait qu’il revient.
      Et les cons infirmes direz-vous ? Eh bien … Ils vont à Lourdes.
    • Quelles différences y a-t-il entre un imbécile et un con ?
      L’imbécile lit France-Dimanche , le con écrit Ici-Paris
    • Les cons ont-ils bon moral ?
      Oui. Par exemple, ils croient vraiment que si la chemise de Paul est plus blanche que la chemise de Jacques, c’est grâce à Persil anti-redéposition.
    • Comment vivent les cons ?
      L’hiver, les cons se massent sur des gradins et crient : Allez les verts ! . Le fait de se tasser sur des gradins en criant Allez les verts ! est un signe irréfutable de connerie. D’autant que cette année, à mon avis, c’est Nantes qui va gagner.
    • Les cons militaires sont-ils plus dangereux que les autres ?
    • Les enfants peuvent-ils être cons ?
    • Y a-t-il des cons célèbres ?
      Oh oui ! Hélas, la liste en est beaucoup trop longue. Je citerai celui qui, à mon avis, est le roi des cons. J’ai nommé le célèbre mathématicien Euclide qui affirme sans rire, je cite : La ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre. Quelle connerie ! chacun sait en effet que la ligne droite ne peut être le plus court chemin d’un point à un autre. Sauf , évidemment, si les deux points sont bien en face l’un de l’autre.
  • Et l’intelligence, c’est du poulet ?
    • La grande différence entre l’homme et la bête, c’est l’intelligence. Comme le rire, l’intelligence est le propre de l’homme, et beaucoup plus rarement de la femme, mais c’est de moindre importance car la femme, pour peu qu’elle soit belle, n’a guère besoin d’être intelligente. Pour peu qu’elle soit moche, elle a encore moins besoin d’être intelligente.
    • À ce propos, je citerai le mot admirable de Louis XIV, à la veille de son mariage avec l’infante d’Espagne.
      Sire, dit Marie-Thérèse, ne souffrez-vous point que l’on vous donne pour épouse si pauvrette damoiselle ? Car point jolie ne suis, et point non plus ne brille par l’esprit.
      _ Madame,
      répondit Louis, c’est très bien ainsi. Car s’il y a un truc qui ne va pas avec le boudin, c’est bien la cervelle.
  • Résistance ou Collaboration. Que choisir ?
    • Tout, dans la vie, est l’affaire de choix. Cela commence par : la tétine ou le téton ? Et celà s’achève par : le chêne ou le sapin ?
    • Que choisir quand on a trente-cinq ans en 1940 ?
      La Collaboration, c’était le bon droit, la respectabilité.
      Oui mais, la Résistance, c’était la vie au grand air, youkaïdi youkaïda.
      Oui mais, la Collaboration, c’était la possibilité d’apprendre une jolie langue étrangère à peu de frais.
      Oui mais, dans la Résistance on s’amuse : Boum, le train ! Boum, le petit viaduc !
      Oui mais, dans la Collaboration, on ne fait pas sauter des ponts, mais on peut sauter des connes.
      Oui mais, dans la Collaboration, pour bien gagner sa vie, il faut dénoncer des Juifs. Ce n’est pas très marrant de dénoncer.
      Oui mais, dans la Résistance, on ne dénonce pas les Juifs, mais il faut vivre avec.
    • En bref, à force de tergiverser, je n’avais toujours pas pris décision le 25 août 1944.
  • Comment vieillir sans déranger les jeunes.
    • Un jour, comme ça, par hasard, on voit Guy Béart chanter en duo avec Jeanne Moreau à la télévision, et tout à coup l’on se demande lequel est le grand-père de l’autre …
    • Chers vieux, chères vielles, pendant que vous vous tassez doucement, profitez-en pour vous écraser mollement :
      • En toutes circonstances, effacez-vous, gémissez doucement, claudiquez sans à-coup, emmitouflez vos vieux os, gantez vos arthrites métacarpiennes disgracieuses, étouffez vos tristes toux matinales, minimisez vos cancers.
      • À table, broutez sobrement, sans forcer sur les protides qui sont hors de prix.
      • Ne soyez pas un poids mort pour vos chers enfants. Rendez-vous utiles dans la maison. Profitez de vos insomnies pour rentrer le charbon, faire les cuivres, ou pour repeindre votre chambre qui sera bientôt transformée en salle de jeux quand vous ne serez plus là ; quand votre fille reçoit, déguisez-vous en bonne à tout faire et server à table.
    • P.S. : Maman, si tu me lis, tout ça, c’est pour rire. Viens à la maison. J’ai fait les cuivres.
  • Sachons mourir sans dire de conneries Les dernières paroles des tués au volant sont généralement décevantes. C’est le plus souvent du style : Ah ! Merde, j’ai fait tomber ma ciga… BOUM ou encore : Ah ! Merde, on va rater Guy Lux, faut foncer sinon AAAH ! BOUM !
  • Comment se suicider sans vulgarité
    • La mort du scorpion n’est point un scuicide. Elle est purement accidentelle, car le scorpion, contrairement à mon beau-frère qui est gémeaux, ne sait même pas que sa queue est venimeuse.
    • Nous avons vu comment nous jeter dans le vide ( voir plus bas ) ou comment nous pendre ( voir plus haut ).
  • Ceci est mon testament
    • C’est horrible : partir comme ça, sans avoir vécu la Troisième Guerre Mondiale avec ma chère femme et mes mes chers enfants courant nus sous les bombes.
    • Mourir avec au coeur l’immense question restée sans réponse : si Dieu existe, pourquoi les deux tiers des enfants du monde sont-ils affamés ? Pourquoi la terre est-elle en permanence à feu et à sang ? Pourquoi vivons-nous avec au ventre la peur incessante de l’holocauste atomique ?
    • Mais moi, je vous préviens, croque-morts de France : mon cadavre sera piégé. Le premier qui me touche, je lui saute à la gueule.
Français : L'humoriste français Pierre Desprog...
Français : L’humoriste français Pierre Desproges en scène à Morlaix (Bretagne, France) le 26 janvier 1985. (Photo credit: Wikipedia)

Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis (1985)

Voici le plus petit dictionnaire de monde.
Il existe sur le marché des dictionnaires imprimés tout menu. Mais, à y regarder de plus près, ils comportent, sous un format réduit, un très grand nombre de mots. Celui-ci est le seul à ne comporter qu’un seul mot par lettre de l’alphabet. C’est par souci de clareté qu’il ne comporte que 52 mots, à savoir 26 mots communs et 26 noms propres, séparés par des pages roses pour faire joli.
C’est encore par souci de clareté que ces mots ont éété répertoriés suivant l’ordre alphabétique, a avant b, b avant c, c avant d, et ainsi de suite jusqu’à z.
Il va de soi que les mots écartés du Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis ne l’on pas été arbitrairement, mais à la suite d’un choix réfléchi et en étroite collaboration avec les plus hautes autorités morales, politiques et religieuses qui s puissent rencontrer dans mon bureau, c’est-à-dire moi et mon chat sur les genoux car octobre est frisquet.
L’auteur
 
* a
 
Alunissage
 
n.m., du latin luna, la lune, et du préfixe a, très joli également.
Procédé technique consitant à déposer des imbéciles sur un rêve
enfantin.
 
* b
 
Bleu,e
 
adj, et n.m.
Qui est d’une couleur voisine du rouge, mais pas très : un ciel bleu,
des yeux bleus, les flots bleus, une Opel Kadett bleue. Fig. Bouch. :
un steak bleu ; s’emploie pour désigner un steak rouge. Fig. Mar. :
bizut ; « Faut pas me predre pour un bleu » (Rackham-le-Rouge)
 
* c
 
Chaussure
 
n.f.
La pénurie de chaussure désoblige le grincheux.
 
* d
 
Directeur
 
n.m., du latin di, la première porte, et rectus, à droite.
On ne dit pas un petit directeur, on dit un chef de rayon. On ne dit
pas un grand directeur, on dit un chef de diamètre.
Le féminin de directeur est la femme du directeur
 
* e
 
Endive
 
n.f.
L’homme qui s’adonne à l’endive est aisément reconnaissable, sa
démarche est moyenne, la fièvre n’est pas dans ses yeux, il n’a pas de
colère et sourit au gichet des Assédic. Il lit Télé 7 Jours. Il aime
tendrement la banalité. Aux beaux jours, il vote, légèrement persuadé
que cela sert à quelque chose.
 
* f
 
Femme
 
n.f.
La femme est une substance matérielle organique composée de nombreux
sels minéraux et autres produits chimiques parés de noms gréco-latins
qu’on retrouve également chez l’homme, mais dans des proportions qui
forcent le respect.
Dépourvue d’âme, la femme est dans l’incapacité de s’élever vers Dieu.
En revanche, elle est en général pourvue d’un escabeau qui lui permet
de sélever vers le plafond pour faire les carreaux.
 
* g
 
Gynécée
 
n.m.
 » Ou kilé li misée di lôvre ? _ Gynécée pas. « 
 
* h
 
Hémiplégique
 
adj. et n.
Relatif à l’hémiplégie. Personne atteinte d’hémiplégie, c’est-à-dire de
la paralysie de la moitié du corps provoquée le plus souvent par une
lésion cérébrale dans l’hémisphére Nord, où les nuit sont plus
fraiches.
 
* i
 
Insecte
 
n.m.
Les insectes sont des invertébrés de l’embranchement des articulés. Il
n’y a pas de quoi se vanter.
Ce qui est étrange, chez la libellule, c’est qu’elle respire par où
elle pète. Maurice Genevoix, Humus
 
* j
 
Judaïsme
 
n.m.
Religion des juifs, fondée sur la croyance en un Dieu unique, ce qui la
distingue de la religion chrétienne, qui s’appuie sur la foi en un seul
Dieu, et plus encore de la religion musulmane, résolument monothéiste.
 
* k
 
Kamikaze
 
n.m.
Le mot kamikaze a désigné, pendant la Seconde Guerre Mondiale, les
pilotes-suicide japonais qui venaient s’écraser sur les porte-avions
américains pour vérifier le principe d’Archimède dans la rade d’Hawaii.
Pour se reproduire, le kamikaze, après une danse d’amour assez
fastidieuse et suintante de simagrées extrême-orientales, dispose la
kamikazette au centre du lit nuptial. Puis il grimpe sur l’armoire
Henrito II et se jette dans le vide en criant : Bito, bito, ce que
signifie littéralement : I love you. Quand le lit casse, on dit que
l’hiver sera rigoureux.
 
* l
 
Lazariste
 
n.m.
Nom donné aux membres de la Société des prêtres de la Société des
prêtre de la Mission, fondée en 1625 par Saint Vincent de Paul, et
appelés ainsi parce qu’ils adoraient la gare Saint-Lazare, alors qu’il
n’y a pas de quoi.
 
* m
 
Mégathérium
 
n.m., du grec méga, grand, et thérion, bête.
Le seul ancêtre connu du mégathérium est le maximégathérium, dont la
taille pouvait atteindre vingt-cinq mètres. On peut raisonnablement
penser qu’il ne s’entendait même pas péter.
 
* n
 
National-socialisme
 
n.m.
On dira plus volontiers nazisme, c’est plus joli. Contrairement à la
rage, le nazisme n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale. Il est
pourtant contagieux. Sa prévention passe obligatoirement par le respect
des synagoges, le mépris de la mitraille et un minimum de réceptivité
cordiale au chant plaintif des violons tziganes.
 
* o
 
OEil
 
n.m.
L’ oeil est un outil merveilleux. C’est grâce à lui que l’homme peut,
en un instant, reconnaître à coup sûr une langoustine d’un autobus, ce
qui lui confère évidemment un immense sentiment de puissance sur la
nature.
L’oeil humain est une mécanique merveilleuse dont la réussite parfaite
nous conforte dans notre foi en Dieu. On regrettera seulement que
l’oeil de cochon d’Inde ou du verrat périgourdin bénéficient de la même
géniale complexité. C’est vexant.
Le clin d’oeil permet au drageur de se faire connaître avec une
relative retenue et une certaine discrétion qu’on ne retrouve pas dans
la main au panier.
 
* p
 
Pangolin
 
n.m.
Le pangolin ressemble à un artichaut à l’envers avec des pattes,
prolongé d’une queue à la vue de laquelle on se prend à penser qu’en
effet, le ridicule ne tue plus.
 
* q
 
Quadrumane
 
 
* r
 
Rouquin,e
 
On reconnaît le rouquin aux cheveux du père, et le requin aux dents de
la mère.
 
* s
 
Sens
 
n.m.
Les sens, chez Gégène, et, par extension, chez l’homme en génerél,
sont : la vue, le goût, l’odorat, le tocher, et Louis.
o La vue est l’organe des sens le plus important. Il suffit pour
s’en covaincre d’observer le comportement d’un aveugle pendant une
exhibition des ballets Moïsseiev : il maugrée, bougonne,
s’impatiente. C’est un être aigri, frustré, peu ouvert à la
facétie : offrez-lui un bilboquet, il se blessera.
o Louis n’est pas mal non plus. Sans Louis, comment savoir que c’est
le plombier ?
o Le toucher est le moins passionnant des cind sens. Nous nous
contenterons de l’effleurer.
o L’odorat. Pour l’homme privé d’odorat, le No 5 de Chanel c’est de
la merde.
o Le goût, enfin, que nous avons gardé pour la bonne bouche, peut
être considéré comme le plus distingué des cinq sens. Au reste, il
fait généralement défaut chez les masses populaires oû l’on
n’hésite pas à se priver de caviar pour se goinfrer de
topinambours ! On croit rêver !
 
* t
 
Torture
 
nom commun, trop commun, féminin, mais ce n’est pas de ma faute.
Bien plus que le costume trois-pièces ou la pince à vélo, c’est la
pratique de la torture qui permet de distinger à coup sûr l’homme de la
bête.
Il fallut attendre l’avènement du christianisme pour que la pratique de
la torture atteigne un degré de raffinement enfin digne de notre
civilisation. Aujourd’hui encore, quand on fait l’inventaire des
ustensiles de cuisine que les balaises du Jesus’fan Club n’hésitaient
pas à enfoncer sous les ongles des hérétiques, ce n’est pas sans une
légitime appréhension qu’on va chez sa manucure.
 
* u
 
Uropygienne
 
adj.f.
 
* v
 
Vélo
 
n.m., abrév. de vélocipède
Une erreur courante consite à penser que le vélo est le mari de la
bicyclette. C’est faux. C’est son amant.
 
* w
 
Whisky
 
n.m.
Le whisky est le cognac du con.
 
* x
 
Xiphophore
 
n.m.
Le xiphophore est un petit poisson de coloration variée, de six à dix
centimètres de long et originaire du Mexique.
Au moment de se reproduire, le xiphophore émet un crit strident :
Christiane ! pour appeler la xiphophorette qui accourt bientôt ventre à
flotte, la caudale en feu. S’ensuit alors une danse d’amour effrénée
dont le tendre spectacle ne peut que toucher le coeur de tout homme
capable de supporter un documentaire écologique marin sans balancer
ensuite une grenade offensive dans le lac d’Enghien.
 
* y
 
Ysopet
 
n.m.
Nom donné, au Moyen Âge, à des fables ou recueils de fables.
Avec cet effroyable cynisme d’emperruqué mondain qui le caractérise, La
Fontaine n’hésita pas à puiser largement dans les isopets des autres
pour les parodier grossièrement et les signer de son nom. Grâce à quoi,
de nos jours encore, ce cuistre indélicat passe encore pour un
authentique poète, voire pour un fin fin moraliste, alors qu’il ne fut
qu’un pilleur d’idées sans scrupule, doublé d’un courtisan lèche-cul
craquant des vertèbres et lumbagoté de partout à force de serviles
courbettes et honteux léchages d’escarpins dans les boudoirs
archiduchaux où sa veulerie plate lui assura le gîte, le couvert et la
baisouillette jusqu’à ce jour de 1695 où, sur un lit d’hopital, le rat,
la belette et le petit lapin lui broutèrent les nougats jusqu’à ce que
mort s’en suive, ce qui prouve qu’on a souvent besoin d’un plus petit
que soi. Essayez de vous brouter vous-même les nougats, vous verrez que
j’ai raison.
 
* z
 
Zeugna
 
n.m.
Procédé qui consiste à rattacher grammaticalement plusieurs noms à un
adjectif ou à un verbe qui, logiquement, ne se rapporte qu’à l’un des
noms.
Exemples de zeugma :
o En achevant ces mots, Damoclès tira de sa poitrine un soupir et de
sa redingote une enveloppe jaune et salie. André Gide.
o Prenant son courage à deux mains et sa Winchester dans l’autre,
John Kennedy se tira une balle dans la bouche. Richard Nixon, J’ai
tout vu, j’y étais
o Plus périlleux, le double zeugma : Après avoir sauté sa
belle-soeur et le repas du mini, le Petit Prince reprit enfin ses
esprits et une banane. Saint-Exupéry, Ça creuse
Une récente statistique nous apprend que plus de 95% des mineurs
lorrains ignorent totalement ce qu’est un zeugma !! Est-ce que cela les
empêche d’aller au charbon ? Mais introduisez maintenant l’un de ces
mêmes mineurs dans un salon mondain, et branchez la conversation sur le
zeugma : qui a l’air con ? C’est le merle des corons, avec ses gros
doigts noirs sur la flûte à champagne.
 

* Locutions Latines et Etrangères (Pages Roses)
 
o Alea jacta est : Ils sont bavards, à la gare de l’Est.
o Alea jacta ouest : À Montparnasse aussi.
o Fiat lux : Oh, la belle voiture
o Manu militari : Germaine s’est engagée dans les paras
o Mettez-moi donc un kilo de tomates, Mrs Carrington. Non. Pas de
celle-là. Ma femme dit qu’elle est farineuse. Extrait de Ma vie à
Londre en 1940 par Charles de Gaulle. Peut s’utiliser chez
n’importe quel détaillant en légumes. Penser à changer le nom de
la marchande.
o Motus Vivaldi : Ta gueule, Vivaldi. Chut (en vieux vénitien)
o Testis unus, testis nullus : On ne va pas loin avec une seule
couille.
o Veni, vidi, vici : Je suis venu nettoyer les cabinets. Titre de
l’hymne des travailleurs immigrés arrivant en France.
o Vis comica : On devrait enfermer les comiques.
 
* a
 
Afrique
 
Les Noirs ont le rithme dans la peau, la peau sur les os et les os dans
le nez.
Peu doué pour la planche à voile, le ski de fond, le marchandising et
la bourrée poitevine, le Noir moyen, à sa naissance, présente peu de
chances de devenir un jour président des États-Unis. Pour l’y aider
néanmoins, l’homme blanc, reprenant à son compte un vielle coutume
appelée esclavage, l’envoya gratuitement en Amérique où il fit
merveille dans les plantations de coton. Au début, les américains ne
virent dans l’homme noir qu’un grand enfant, mais, peu à peu, ils
durent se rendre à l’évidence : c’était également un excellement appât
pour la chasse à l’alligator.
Quand un Blanc dit qu’un Noir est un con, on dit que le Blanc est
raciste. Quand un Noir dit qu’un Blanc est con, on dit que le Blanc est
un con. Ce en quoi l’on a tort. On peut très bien être noir et con.
Sauf en Afrique du Sud où seuls les Blancs sont cons. A part Ted.
 
* b
 
Bastille (la)
 
Célèbre forteresse construite à Paris, à la porte Saint-Antoine, entre
1370 et 1382.
Le plus célèbre prisonnier de la Bastille fut évidemment Voltaire. Le
moins célèbre fut Jean-Paul Petit-Boudu : moi-même, je ne sais pas qui
c’est. C’est vous dire.
Voltaire connut bien les geôles de la bastille à une époque où, sauf
son respect, il avait encore des couilles au cul : par la suite, fort
nous est d’admettre qu’il se plia devant les puissants, et
singulièrement devant Frédéric II de Prusse, en périlleuses et
dégradantes courbettes d’une servilité qu’on ne rencontre guère, de nos
jours, que chez les producteurs de télévision vautrés au paillasson des
directeurs de chaînes.
 
Terminons en rappelant que la Bastille était quasiment vide lorsqu’une
brassée d’excités la prit vaillamment d’assaut un jour d’été 1789.
C’était la révolution des bourgeois.
Ils sont toujours au pouvoir.
 
* c
 
Cannes
 
Haut lieu du tourisme balnéaire international, célèbre pour sa
croisette bordée de palmiers et pleine de connes emperlousées traînant
des chihuahuas, Cannes brille surtout pour son festival annuel du
cinéma où les plus notables représentants de la sottise journalistique
parasitaire côtoient les plus éminentes incompétences artistiques
internationales.
 
* d
 
Douaumont
 
Sans Verdun, on n’aurait jamais abouti à l’armistice de 1918, grâce
auquel l’Allemagne humiliée a pu se retrouver dans Hitler. Hitler sans
lequel on n’aurait jamais eu l’idée, en 1945, de couper l’Europe en
deux de façon assez subtile pour que la Troisème soit désormais
inévitable.
 
* e
 
Éluard
 
(Chritian), dit Cricri
Fils caché de Paul.
Des écrits de Cricri, peu méritent d’être cités dans le présent
ouvrage. Nous leur préférerons cette admirable page de Paul Éluard. Ami
lecteur, si tu la connais, tu m’errêtes.
 
Sur le collier du chien que tu laisses au moins d’août
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur les blousons kaki, sur les képis dorés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l’espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur
Sur l’asphalte encombré de tes cercueils à roulettes
Sur les flancs blancs d’acier des bombes à neutron
Que tu t’offres à prix d’or sur tes impôts forcés
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu’il ont eux-mêmes empli.
Sur l’encéphalogramme éternellement plat
Des musclés, des Miss France et des publicitaires
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d’Afrique écartelés de faim
Savent que tu t’empiffres à mourir éclaté
Sur le cahier d’écolier de mes enfants irradiés
J’écris ton nom
HOMME
 
* f
 
François
 
prénom masculin, signifiant littéralement: « mon Dieu, quel imbécile! »;
du celte fran (« mon Dieu ») et cois (« quel imbécile »!). En effet, tous
les gens qui s’appellent François sont des imbéciles, sauf François
Cavanna, l’écrivain, François Chetelt, le philosophe et François
Cusey,de chez Citroën, qui a honoré l’auteur de son amitié pendant leur
incarcération commune au dix-huitième régiment des Transmissions, à
Epinal. Tous les François sont des imbéciles. La preuve en est que,
lorsqu’ils croisent un imbécile, certains l’appellent François. Le plus
souvent, l’ambition, pour ne pas dire l’arrivisme, des François, est à
la mesure de leur imbécillité, bien que je n’arrive pas à me faire à
l’idée qu’il y ait deux « l » à l’imbécillité alors qu’imbécile, lui,
n’en prend qu’un. Dura lex, mais bon. Quand ils sentent le vent
tourner, grâce à leur instinct d’imbécile, les François n’hésitent pas
à s’engager dans la résistance en 43, 44, 45, voire, pour les plus
sots, 46. grâce à la longueur de leurs crocs, qui laissent des traces
sur les moquettes ministérielles où ils plient l’échine jusqu’à ramper
pour obtenir la moindre poussière de pouvoir, les François peuvent
espérer se hisser un jour sur le plus élevé des trônes, celui duquel,
dans l’ivresse euphorique des cîmes essentielles, l’imbécile oublie
enfin qu’il a posé son cul.Alors serein, benoît, chafouin, plus
cauteleux que son hermine et plus faux que Loyola, il entraîne
paisiblement le royaume à la ruine, en souriant comme un imbécile.
 
* g
 
Gaulle (Charles de)
 
En 1913, au bal, cette appendice nasal considérable fait forte
impression sur la jeune et belle Yvonne qui avait ouï-dire que plus un
homme avait le nez long, plus longue était son espérence de vie.
Le 16 juin 1940 il fait 27 degrés à l’ombre à Paris. De Gaulle gagne
l’Angleterre le 17.
Le 18 juin, d’un bureau climatisé de la BBC, il lance l’appel du même
nom, au terme duquel il demande aux français de résister à la chaleur
en allant batifoler dans les sous-bois jusqu’à ce que ça fraîchisse.
Le 6 juin 1944, enfin, le thermomètre n’affiche plus que 13 degrés à
six heures du matin. On peut faire du bateau au bord les plages
normandes sans riquer l’isolation. Ce jour-là, on verra même des
Américains (tous de grands enfants) se baigner tout habillés pour
aller pêcher le pruneau de mer.
Mets une laine, dit Yvonne de Gaulle à son mari, qui sort pour prendre
le pouvoir sous la pluie. Les vivats surexcités de milliers de cons
gelés, fébrilement accupé à retourner leur veste, l’accueuillent sur
les Champs-Élysées et renforcent en lui l’idée que les français sont
des veaux.
 
* h
 
Hélène
 
princesse grecque
Hélène était la fille de Léda et de Zeus. Ce dernier, dont la moralité
n’aurait pas résisté à une fouille à la frontière turque, eut recours
au plus odieux des stratagèmes pour séduire Léda.
Les Hélène qui sont nées sous le signe des gémeaux connaîtront un grand
amour avec moi, mais pas maintenant, il faut que j’attaque la page des
‘I’.
 
* i
 
Indre-et-Loire
 
* j
 
Jaurès (Jean)
 
Homme de gauche intelligent et honnête
Malgré sa grande propreté morale, il devient député du Tarn. En 1893,
il adhère au socialisme par conviction (authentique !), et organise
l’unité du Parti Socialiste.
Sinon, les enfant l’aiment bien, et il carresse les chiens, même quand
il n’y a pas de photographe de presse autour.
D’une constitution physique très robuste, Jean Jaurès, selon son
médecin, était bâti pour vivre cent cinquante ans. Mais Dieu, dans son
infinie sagesse, ne voulut pas que cet homme connût le déshonneur de
voir les néo-socialites au pouvoir en France dans les années 1980.
 
* k
 
Kafka (Franz)
 
Écrivain tchèque de langue allemande
Il avait le désir d’aimer mais ne savait pas. Souvent lui venait
l’envie de dire : Bonjour, homme mon frère, mon semblable, mets ta main
sur mon épaule, porte un peu mon chagrin, viens chanter dans ma vie.
Mais quelque chose l’en empêchait, et il disait : Bonjour, monsieur
Odradek,. Espérons qu’il ne va pas pleuvoir.
 
* l
 
Larminier (Pierre-Henri)
 
Homme de science et chercheur français célèbre pour avoir vaincu le
cancer.
Il prouva de façon formelle que le cancer est une maladie provoquée par
les cancerologues.
 
* m
 
Morituri (Léonidas)
 
En 2009, il révolutionnait le tourisme vénitien en créant les premières
gondoles à moteur six cylindre en V à boîte de vitesses; automatique,
et le 4 mars 2010, méritait le prix Nobel de physique en traversant le
grand canal de Venise en sept secondes huit dixièmes ; les gondoliers
pouvaient désormais transporter 11 234.7 amoureux à l’heure.
 
* n
 
Noël
 
Nom donné par les chrétien à l’ensemble des festivités commémoratives
de l’anniversaire de la naissance de Jésus-Christ, célèbre
illusionniste palestinien de la première année du premier siècle
pendant lui-même.
Ces festivités sont :
o Le dîner : généralement frugal ; rillettes, pâté, coup de rouge,
poulet froid, coup de rouge, coup de rouge.
o Le messe de minuit : c’est une messe comme les autres, sauf
qu’elle a lieu à vingt-deux heures, et que la nature
exceptionnellement joiale de l’événement fêté apporte à la
liturgie traditionnelle un je-ne-sais-quoi de guilleret qu’on ne
retrouve pas dans la messe des morts.
o Le réveillon : d’après les chiffres de l’UNICEF, l’équivalent en
riz complet de l’ensemble foie gras – pâté en croûte – bûche au
beurre englouti par chaque chrétien au cours du réveillon
permettrait de sauver de la faim pendant un an un enfant du Tiers
Monde sur le point de crever et le regard innomable de ses yeux
brûlants levé vers rien sans que Dieu s »en émeuve, occupé qu’Il
est à compter les siens éructant dnas la graisse de Noël.
o La remise des cadeaux
o Le déjeuner de réveillon : ô bûches de Noël, indècents mandrins
innervés de pistanche infamante et cloqués de multicolores
gluances hyperglycémiques, plus douillettement couchées dans la
crème que Jésus sur la paille, vous êtes le vrai symbole de Noël.
o La bise à la tante qui pique : après avoir vomi son déjeuner, le
chrétien reçoit la tante qui pique et la donne à sucer à ses
enfants.
 
* o
 
Océanie
 
Un des cinq continents, poliment méprisé par la plupart des quatre
autres.
L’Océanie produit du café, des épices, du quartz aurifère, du camphre
et de l’indigo qui donne son bleu soutenu à la moquette de la salle des
fêtes de l’Association sportive de Fontainebleau.
 
* p
 
Paris
 
Ville de France aux murs chargés d’histoire et au sol couvert de
crottes de chiens.
Paris est le siège du gouvernement de la France. Tous les cinq ou sept
ans, une bande d’incompétents cyniques de gauche succède à une bande
d’incompétents cyniques de droite, et le peuple éperdu d’espoir
s’écrie : On a gagné à tavers les rue de Paris , sans même s’apercevoir
qu’il continue de glisser dans la merde de la Bastille à la Nation.
Voyons maintenant la ville de Paris arrondissement par arrondissement :
o 2me arrondissement : la Bourse à ma gauche, les putes à ma droite,
c’est donc l’arrondissement de l’argent en gros et de l’amour en
stock.
o 4me arrondissement : le centre Pompidou a longtemps divisé les
parisiens en trois grandes catégories : ceux qui trouvaient ça
laid, ceux trouvaient ça beau, et ceux qui se demandaient s’il
fallait trouver ça laid ou beau pour avoir l’air dans le coup.
o 5me arrondissement : on en retiendra l’hôpital du Val-de-Grâce oû
les militaires ont le bon goût de souffrir un peu.
o 9me arrondissement : appelé ainsi en hommage à Blanche de Castille
qui s’y fit engrosser neuf fois par Henri le Mutin.
o 11me arrondissement : il est anti-monumental. Et ne me parlez pas
de l’église Saint-Ambroise. Quand je la croise, j’ai honte pour
Dieu.
o 17me arrondissement : La fesse gauche de mon professeur de philo
avait été mordue par un obus allemand, et le maître de chimie
avait la voix flûtée. Nous les appelions Demi-Lune et
Quart-de-Couille. La honte aujourd’hui encore m’empourpre.
o 20me arrondissement : on me dit que c’est un quartier populaire.
Il faudra que j’aille voir.
 
* q
 
Québec
 
Province du Canada située au nord-est des États-Unis, essentiellement
peuplée de Berrichons en Cadillac appelés Québécois. La langue
officielle est le français, qui est mâché par six milliers de
personnes.
La québécois est ospitalier, travailleur, rarement iroquois, souvent
chômeur. Il est extraordinairement ouvert et souriant. On a même déjà
vu des fonstionnaires québécois dire bonjour.
L’hiver, sa tête émerge à peine de deux mètres de neige. Il se bat
contre la glace à coups de pelle fracassants que sa stature bûcheronne
autorise à merveille. Détruire la glace est l’unique souci hivernal du
québécois.
Au beaux jours, il stocke [l’eau] bien vite dans des congélateurs
considerables et des distributeurs de glaçons que le visiteur étonné
découvre à tout bout de champ de maïs en la moindre gargote. Conserver
la glace est l’unique souci estival du québécois.
 
* r
 
Reiser (Jean-Marc)
 
Philosophe français né d’un péché de la chair et mort d’un cancer des
os (1941 – 1983)
 
* s
 
Saint-Gilles-Croix-de-Vie
 
Station de bains et port de pêche vendéen.
De mi-juillet à la la fin août, l’ouvier parisien, debout dans son
caleçon coloré, les mains sur les hanches et tourné vers le large, se
demande ce qu’il fait là.
Au midi surchauffé, des connes définitives brûlent au second degrè avec
un soin extrême, se craquèlent et se cloque sans frémir d’un orgueil,
dans l’espoir fou de se donner au cuir le couleur brun luisant des
cacas bien portants.
 
* t
 
Tintoret
 
On ressent assez vite, à la contemplation d’une toile du Tintoret, un
léger ennui qu’on ne retrouve pas à la lecture de Fluide glacial, où
Edika dessine très bien les bites.
 
* u
 
Unesco
 
La maison de l’Unesco, à Paris, est l’oeuvre des architectes Zehrfuss,
Nervi et Breuer, qui feraient mieux de se cacher.
 
* v
 
Vivaldi
 
* w
 
Warszawa (fr. Varsovie)
 
Ville polonaise où les arbres ont le droit de pousser la nuit.
 
* x
 
Xaintrailles (Pierre-Henri de)
 
Zoologue français
Avant de mourir, le 6 mars 1980, broyé sous un cageot d’asperges, alors
qu’il étudiait le rat des villes à la loupe devant chez Faucon,
Xaintrailles dit : Aaaah.
 
* y
 
Yang-Tseu-Kiang
 
Le plus long fleuve de Chine, appelé aussi fleuve bleu bien qu »il tire
sur le rouge (1).
 
(1) En chine, il est interdit de tirer sur quelque rouge que ce soit.
 
* z
 
Zamenhof (Lejzer Ludwik)
 
Médecin et linguiste polonais, né à Bialystok (1859-1917). On lui
doit l’invention de l’espérando.
Tout le monde s’en fout et c’est dommage. Quand on sait qu’à la base de
tous les conflits, de toutes les haines, de toutes les guerres de tous
les racismes, il y a la peur de l’Autre, c’est-à-dire de celui qui ne
s’habille pas comme moi, qui ne chante pas comme moi, qui ne danse pas
comme moi, qui ne prie pas comme moi, qui ne parle pas comme moi ;
quand on sait sait chose, dis-je, on est en droit de se demander si,
l’usage d’une langue universelle ne saurait pas nous aider à résoudre
nos litiges et à tolérer nos différences avant l’heure du fusil qu’on
décroche et du clairon qui pouète. Enfin. Bon. Utopie.
* Le monégasques
 
La principauté de Monaco est administrée par un tyranneau bouffi dont
la femme se faisait sucer la langue par Cary Grant dans les films
d’Hitchcock avant que son père, parvenu dans les cimenteries
américaines, ne l’oblige à épouser le magestueux, rondouillard
susnommé.
Les monégasques ont-ils âmes ?
Pour le savoir, ouvrons un monégasque, grâce à la vivisection dont nous
déonseillons vivement la pratique sur les chiens car c’est fort
douloureux. Que voyons-nous ? Entre la médaille de la Sainte Vierge et
les poils du pubis, le monégasque ouvert sent la merde chaude : c’est
l’intestin. Mais d’âme, point.
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