Réac-Anar : Même combat ?

« Les mots vieillissent, et certains perdent jusqu’au souvenir de leur sens. Réac ne signifie plus une opinion politique, un réflexe passéiste ou une posture esthétique. A vrai dire il ne qualifie plus rien, il salit, il néantise. A ce titre, il a des accointances de fond avec l’imputation d’hérésie en usage dans la démonologie médiévale. Vade retro, sale réac ! C’est l’arme lourde de l’Inquisition contemporaine – l’arme des lâches car ils flinguent sans sommation, sans rien prouver, sans rien risquer, avec l’aval de l’air du temps et la complicité des puissants. C’est le mot de la fin, la balle dans le dos pour la victime de la traque.  »

Denis Tillinac se veut et se vit « réac » au sens plein du terme : en réaction contre les tendances lourdes de son époque. S’il a soutenu des politiques, notamment son ami Chirac, il n’a jamais appartenu à un parti et jamais renonçé à son indépendance. Comme le « mécontemporain » de Finkielkraut, il se sent totalement en exil dans le monde contemporain. Il le juge trop mercantile, trop mécanique, trop inélégant, trop harcelant, trop immanent.
C’est un « réac » métaphysique et esthétique qui fait l’apologie de l’harmonie, de la lenteur, du détachement, de l’intériorité, du jardin secret, de l’ironie, du regret, de l’altitude. Son livre explicite une sensibilité toute en nuances et fait un sort au sens communément admis du mot « réac ». Il peut être rétro, passéiste, esthète, élitiste,il ne se polarise pas sur un « retour » politique ou autre. Il démystifie la « modernité » et son couple branché-ringard au bénéfice d’un système de valeurs moins évanescent, moins éphémère.
Nostalgique d’un royaume dont il se sent dépossédé, il habite son jardin secret, une thébaïde où se côtoient joyeusement Ophélie et Baudelaire, Saint-Benoît Labre et d’Artagnan, Chateaubriand, Fra Angelico et Van Gogh, Tintin, le roi Pelé, les frères Boniface, Jane Austen, Lampedusa et tant d’autres créateurs.

Ce livre séduira les insoumis, les désenchantés et les assoiffés d’idéal de toutes tendances et de tous les âges. Il est peut-être politique, mais au sens noble du terme car il ne propose pas moins qu’une attitude intellectuelle, morale et existentielle.

Advertisements

Une réflexion sur “ Réac-Anar : Même combat ? ”

Donnez votre avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s