Houellebecq ONPC

Houellebecq souscrit à la ruine de tous les idéalismes et assume l’entière validité des discours qui les ont détruit, est assurément un auteur désespéré. Nous ne pouvons attendre de lui qu’une seule chose: qu’il parvienne miraculeusement à désespérer de son désespoir. Le monde peut être comme il est, c’est son affaire, ce n’est aucunement pour nous une raison de renoncer à le rendre meilleur, il est de la fonction même de l’écrivain de déranger, de se soustraire à la réalité, il est de son devoir de mentir et d’exagérer. A ausculter les peurs « houellebecquiennes », en parcourant l’endoscopie de ses intuitions, en sondant ses perspectives post-modernistes, on ne peut qu’être frappé par la lucidité de ses craintes.

L’anticipation de Soumission est du domaine du possible, à défaut d’être dans celui du probable. Cette extrapolation audacieuse donne, en fin de compte, un petit roman plus divertissant que stimulant, qui surfe sur l’esprit du temps. On est bien loin du remarquable Camp des saints de Raspail (1973), excessif lui aussi, mais où se déployait un insoutenable suspense psychologique devant l’inéluctable. Dans Soumission, l’invasion n’est pas physique comme chez Raspail, elle est mentale ; elle n’est pas repoussée dans un futur angoissant, elle a déjà été réalisée chez bien des esprits.

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