Barbey, Brummell et le dandysme

Le dandysme: un culte de la différence dans le siècle de l’uniforme, un monde métaphorique aux couleurs du soleil couchant, un exercice délicat sinon impossible.. Opposant le peu au trop, la gratuité au profit, la réserve à l’effusion et le délire de sa rigueur à la morne économie des ménages, le dandy est un travail à rebours.

Quand Barbey d’Aurevilly apporta à Marine Brandès quelques exemplaires de son Brummell spécialement reliés, « beaux comme des toréadors, dédicacés avec du sang rouge et du sang bleu, et des flèches », il ne manqua pas d’accorder son costume.

« Mais ôtez le Dandy, que reste-t-il de Brummell ? Il n’était propre à rien de plus, mais aussi rien de moins que le plus grand Dandy de son temps et de tous les temps. Il le fut exactement, purement ; on dirait presque, naïvement, si l’on osait. Dans le pêle-mêle social qu’on appelle une société par politesse, presque toujours la destinée est plus grande que les facultés, ou les facultés supérieures à la destinée. Mais pour lui, pour Brummell, chose rare, il y eut accord entre la nature et le destin, entre le génie et la fortune. Brummell n’eut point ce quelque chose qui était, chez les uns, de la passion ou du génie, chez les autres une haute naissance, une immense fortune. Il gagna à cette indigence ; car, réduit à la seule force de ce qui le distingua, il s’éleva au rang d’une chose : il fut le Dandysme même. »

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