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Jean Edern Hallier

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Affabulateur mégalomane, décadent soyeux, mi-cinglé mi-extra lucide, illusionniste médiatique, dangereux polémiste? Jean Edern fut un peu tout ça à la fois.. L’essentiel étant, on le rappelle, de ne pas laisser indifférent ! Entre autres bouffonneries, ce multirécidiviste de la diffamation créa un journal, «l’Idiot international», afin de ruiner la réputation de ses ennemis, organisa son propre enlèvement, fit brûler les paillassons de quelques jurés Goncourt, inventa pour M6 le lancer de bouquins à la poubelle et poursuivit de sa haine le président Mitterrand, dont il avait tant quémandé les grâces.

Lorsqu’on échoue à devenir auteur, on peut se faire personnage. C’est tout aussi mal payé mais sans conteste plus facile. Longtemps Jean-Edern Hallier a rêvé d’être «LE grand écrivain», c’était même le titre d’un de ses livres. Puis il s’est résigné, préférant faire de sa vie un roman. Ses livres, qu’il bâclait, ne lui ont guère survécu. A croire que son œuvre la plus travaillée et la mieux vendue fut sa vie.Cultivant les coups fumeux et les facéties sulfureuses, le « fou-Hallier a, par ses nombreux et clinquants coups d’éclats, longtemps fait trembler la République.

Archétype du type imbuvable, vantard, diffamateur, il a su imposer un ton, une griffe dans le paysage intellectuel français. Adoré, conspué, condamné, saisi, ruiné – il comptait à sa mort plus d’ardoises que les charpentes du Nord-Finistère réunies -, Hallier fut une sorte de martyr qui se serait lui-même crucifié. Montant sur la croix pour mieux se faire entendre.La multitude d’étiquettes dont il fut paré traduit l’embarras des critiques à le placer. Ce flamboyant déglingué, qui maitrisait plus la forme que la fond, méritait bien un brevet d’anarchie.

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Jean-Edern Hallier était un fabulateur de première. Il se déclarait diplômé de l’université d’Oxford en littérature comparée, latin-grec et philosophie, lui qui n’avait pas son bachot. Éborgné à la naissance par le forceps d’un accoucheur, il racontait qu’il avait perdu son oeil durant le siège de Budapest en 1945, à l’âge de 8 ans, crevé tantôt par un éclat d’obus, tantôt par une balle perdue. Accusé d’antisémitisme, il s’inventa une mère juive. Il se vantait d’avoir eu Julien Gracq comme professeur, ce que l’auteur du Rivage des Syrtes démentit. À force de clamer partout qu’il était cousin par alliance de Bernadette Chirac, il finit par y croire et lui écrivit une lettre commençant par « Chère Reine de France et cousine ».

Lorsque l’appartement de Régis Debray fut détruit par une explosion, en juillet 1982, il se précipita à la télé pour revendiquer l’attentat avant de “s’exiler” huit jours en Suisse. Et puis il y a le summum de la guignolade, qui acheva de le décrédibiliser : son enlèvement, en avril 1982, par des “Brigades révolutionnaires françaises” devant les jardins de l’Observatoire, à l’endroit même où Mitterrand avait organisé son faux attentat, vingt-trois ans plus tôt… Caché une semaine chez son garde du corps à manger de la bisque de homard, d’après les confidences de ce dernier, livrées dix ans plus tard ! Y a-t-il un peu de vrai dans tout cela ? Tout est-il faux ? On ne sait plus. Lorsqu’il est mort en tombant de son vélo, Jean d’Ormesson s’est demandé si ce n’était pas une nouvelle blague.

Fondateur avec Philippe Sollers de la revue d’avant-garde Tel quel, il s’en lasse trois ans plus tard, rejoint un temps les Cahiers de l’Herne fondés par Dominique de Roux, avant de créer, en 1969, l’Idiot international, qui survivra jusqu’en 1994 avec quelques interruptions. Avec un talent de polémiste digne de Léon Bloy, il transformera le journal en arme de guerre contre Mitterrand et ses amis et croulera sous les procès, qui auront raison du journal.

Entre-temps, il y a eu mai 1968 et Jean-Edern Hallier s’est découvert gauchiste. C’est l’époque où il roule en Ferrari avec le Petit Livre rouge sur la banquette arrière, se fait faire ses chemises à col Mao par Pierre Cardin. On le soupçonne bientôt de détourner à son profit l’argent de la résistance chilienne à Pinochet. Au début des années 1990, c’est de complot rouge-brun qu’il sera accusé. Dans l’Idiot, où écrivent des com mu nistes mais aussi le talentueux Marc-Édouard Nabe et le futur “nationalbolchevique” Edward Limonov, Hallier fait de surcroît quelques appels du pied à Jean-Marie Le Pen en qui il voit l’homme pouvant « réconcilier Doriot et Thorez » !

Électron libre, mégalomane d’anthologie, narcisse délirant à l’ego boursoufflé, Jean-Edern Hallier était tout cela. Mais pris dans les filets de la Mitterrandie pourrissante, le bouffon devint la victime expiatoire du régime. S’il y a une grandeur chez Jean-Edern Hallier, la voici. Il a tellement rêvé d’être Hugo face à Napoléon III qu’il est devenu Hallier face à Mitterrand. L’histoire se répète en farce, disait Marx.

En 1979, le pamphlétaire publie un brûlot contre Giscard, Lettre ouverte au colin froid, et participe, deux ans plus tard, à la campagne pour l’élection de Mitterrand. « Il faut mettre en prison mon garnement de fils ! », réclame à la parution du livre le général Hallier, son père, âgé de 87 ans, héros de 1914-1918, qui regrette les lettres de cachet. Persuadé que le nouveau président lui doit sa victoire, l’écrivain ne tarde pas à présenter l’addition et exige la direction d’une chaîne de télévision. Mais François Mitterrand se méfie du trublion et ne donne pas suite. Jean-Edern Hallier tente alors de le faire chanter : si on ne lui donne pas “sa” chaîne, il publiera un livre révélant l’existence de la fille cachée du président ! Nouveau refus de Mitterrand, qui prend cependant la menace au sérieux, d’autant que l’enragé met son projet à exécution en écrivant, quelques mois plus tard, un texte ordurier où il révèle non seulement l’existence de Mazarine (secret de Polichinelle chez les journalistes mais inconnu du grand public) mais aussi le passé vichyssois de Mitterrand, ses liens supposés avec la Cagoule et son cancer. Le manuscrit ne trouvera aucun éditeur avant 1992, mais le pamphlétaire en fera plusieurs copies qu’il distribuera dans tout Paris.

Dès lors, la machine s’emballe : Jean-Edern Hallier devient l’ennemi à abattre. Mitterrand en vient à craindre qu’il n’enlève sa fille ou qu’il attente à sa vie. C’est à se demander qui était le plus fou, le pamphlétaire mégalo ou le président parano ! On essaie d’abord de l’acheter, en vain. Bientôt, pas moins de 80 policiers seront affectés à sa seule surveillance. La fameuse cellule d’écoutes téléphoniques illégales de l’Élysée l’épie en permanence, ainsi que toutes les personnes qui le fréquentent. « Il ne peut pas faire un pas sans que je sache où il est », confie Mitterrand à Roland Dumas ; sa femme reçoit des cercueils d’enfant par la poste ; l’imprimerie de son journal est saccagée, les recettes bloquées aux NMPP sur ordre de l’Élysée.

« Mitterrand avait donné des ordres pour le détruire intellectuellement et physiquement », reconnaîtra plus tard un Bernard Pons, tandis que le capitaine Barril, créateur de la cellule antiterroriste de l’Élysée avec Christian Prouteau, confirmait, dans une lettre datée de 1996, qu’il y avait bel et bien eu un projet d’assassinat contre lui… De quoi revenir sur le rire que suscitait le fanfaron quand il clamait qu’on voulait le tuer ? De quoi douter de sa mort naturelle, comme c’est le cas du propre frère de l’écrivain ? Ce qui est certain, c’est que le fabulateur ne fabulait plus quand il se présentait comme l’écrivain martyr du gouvernement socialiste. L’homme sans limites était tombé sur un président qui en avait encore moins…

 

Homme de média, Hallier a hébergé en 1977 la première radio pirate déclarée — « Radio Verte », de tendance écologiste — qui fera beaucoup parler d’elle en tant qu’écho d’un phénomène nouveau. Dans la lignée des événements de Mai 68 (auxquels il avait pris part), il a également créé, l’année suivante (en octobre 1969), le journal satirique L’Idiot international — patronné à ses débuts par Simone de Beauvoir qui, par la suite, prendra ses distances avec le journal —, ce qui vaudra plus tard à Hallier d’être accusé d’entretenir un réseau « rouge-brun ». Aux yeux de certains journalistes, le polémiste était d’autant plus suspect qu’il avait, depuis quelques années, entamé un dialogue avec Alain de Benoist, publiant notamment un de ses essais aux éditions Libres-Hallier (filiale d’Albin Michel) : Les Idées à l’endroit (1979).

En 1982, l’écrivain est soupçonné d’avoir simulé un faux enlèvement et commandité un attentat dans l’immeuble de Régis Debray. Les sources de ces faits rapportés sont nombreuses : récemment l’auteur de sa biographie a confirmé le fait, ainsi que Gilles Ménage. En 1977, il aurait déjà commandité un mini-attentat chez Françoise Mallet-Joris, juré Goncourt, afin de protester contre les magouilles des prix littéraires : la seule conséquence en fut un feu de paillasson.

En juin 1991, National Hebdo affirme que Jean-Edern Hallier va rallier le Front national. Dans un entretien accordé au Monde, l’écrivain dément, mais ajoute : « Le Penreprésente beaucoup de Français de la France profonde. Il faut réconcilier Doriot et Thorez », tout en se déclarant « de gauche ».

Critique littéraire, il est également animateur d’émissions littéraires, sur Paris Première avec le Jean-Edern’s Club, où il se permettait tout, même de jeter les livres par-dessus son épaule ou dans une poubelle, et sur M6, avec A l’ouest d’Edern.

Il s’est aussi attaqué à l’homme d’affaires Bernard Tapie dans L’Idiot International en 1991 puis en publiant son casier judiciaire en 1993. D’autres nombreuses personnalités ont aussi été violemment attaquées à cette époque cela jusqu’à son décès en 1997.

C’est au moment de ses révélations sur Mitterrand (qui se voulaient fracassantes), que l’écrivain commence à devenir encore plus « gênant ». Un indésirable, pis même ! un parasite. Ce qui lui vaut de multiples écoutes téléphoniques à la demande express de Tonton. Sur 5184 écoutes de l’Elysées l’année où le bruit court qu’il va sortir un pamphlet, véritable punching ball contre Mitterrand, 800 lui sont destinées, « 800 fois le Watergate ! ».
L’honneur perdu de François Mitterrand est le pamphlet le plus célèbre qui ait existé avant même d’avoir été publié, comme disait son auteur. « Il m’a valu les mille écoutes de l’Elysée, les boulons de ma moto dévissés, les petits cercueils sur mon palier, les imprimeries brûlées, les intimidations physiques et téléphoniques, les contrôles fiscaux les plus odieux, sur moi et mon entourage, et les condamnations pénales qui m’ont coûté ma fortune personnelle et, qui sait ?, plusieurs contrats sur ma tête… »
La publication de son brûlot, retardée jusqu’à la mort du président, avait eu le temps de cicruler entre les mains du tout Paris. Son cancer, sa fille cachée Mazarine, sa prétendue collaboration, l’attentat de l’Observatoire… Edern Hallier avait cette fois dépassé la ligne blanche avec laquelle il flirtait depuis tant d’années sans jamais oser la franchir.

Le pamphlétaire, alors en villégiature à Deauville (Normandy Barrière), meurt le matin du 12 janvier 1997 (peu avant 8 h du matin), alors qu’il circule à vélo (bien qu’à moitié aveugle), sans que personne n’ait été témoin de l’accident. Peu de temps après la découverte du corps, il a été constaté que le coffre-fort de sa chambre d’hôtel — qui contenait des photocopies de documents concernant François Mitterrand et Roland Dumas — avait été vidé. Son appartement parisien avait également fait l’objet d’une visite semblable. Il devait déjeuner quelques heures plus tard avec le journaliste Karl Zéro, qui fut d’ailleurs appelé pour l’identification du cadavre.

L’hypothèse de son assassinat a été plusieurs fois avancée, notamment par son frère, Laurent Hallier, Christian Lançon et Dominique Lacout dans La Mise à mort de Jean-Edern Hallier. Cependant, les plaintes déposées contre X n’ont pas été jugées recevables.

Certains anciens amis de cet homme très décrié gardent le souvenir d’une sorte de clown génial, « fantôme de Don Quichotte, venu réenchanter un monde de comptables et de retraités ». Et qui, au-delà des frasques et des fulgurances, n’avait pas complètement perdu sa sensibilité.

Procès

De juillet à octobre 1989, Jean-Edern Hallier et son journal sont condamnés à verser 250 000 F à Jack Lang et à son épouse pour « diffamation et injures publiques », puis100 000 F à Christian Bourgois pour « propos injurieux et atteinte à la vie privée », 300 000 F à Georges Kiejman pour « injures, diffamation et atteinte à la vie privée », et enfin 400 000 F à Bernard Tapie pour des « atteintes d’une gravité exceptionnelle que ni l’humour ni les principes régissant la liberté de la presse ne sauraient justifier », selon les termes du tribunal correctionnel de Paris.

En juillet 1991, Jean-Edern Hallier est condamné à cinquante mille francs d’amende et quatre-vingt mille francs de dommages-intérêts à plusieurs associations antiracistes, pour « provocation à la haine raciale », par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, suite aux « qualificatifs outrageants ou abjects s’appliquant à désigner les juifs comme la lie de l’humanité » dans un éditorial de L’Idiot international publié pendant la guerre du Golfe. En septembre de la même année, l’écrivain est condamné à payer800 000 F de dommages-intérêts à Bernard Tapie pour publication, dans L’Idiot international, de propos « diffamatoires, injurieux, et attentatoires à sa vie privée ».

Suite à ses multiples condamnations judiciaires, L’Idiot International cesse de paraître, le journal ne pouvant plus faire face à ses dettes à cause de trop nombreux procès intentés contre lui.

En 2005, l’ancien directeur adjoint du cabinet de Mitterrand, Gilles Ménage, et le chef de la « cellule Élysée », Christian Prouteau, ont été condamnés à du sursis dans le dossier Hallier de l’affaire des écoutes de l’Élysée. L’ancien directeur de cabinet de Pierre MauroyMichel Delebarre, et l’ancien directeur de cabinet de Laurent FabiusLouis Schweitzer, ont également été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris. La justice a ensuite condamné en 2008 l’État français à indemniser le fils, la fille et le frère de Jean-Edern Hallier.

Il en était un qui passait pour fou, dangereux, incontrôlable. Il en était un qui, par ses coups d’éclats permanents a fait trembler la République. C’est que, devant l’ennui et les bâillements irrépressibles que déclenchent certaines émissions culturelles et politiques, souvent convenues, on regretterait presque les lancers de bouquins, les pugilats, et autres démonstrations furieuses mais non moins éloquentes du triste sire…

Pas bien fixé entre le rêve et la réalité, Jean-Edern Hallier a toujours vécu un peu dans les deux. C’est en oxymorisant sa vie qu’il est devenu cet être de contes et légendes, fantôme de Don Quichotte. Sûr qu’il nous manque un type comme lui pour remuer le bocal aujourd’hui.
Mais cet homme vient d’un passé révolu, d’une époque où l’on pouvait encore tout se dire, ou l’on résistait, bien qu’avec ses dommages collatéraux.
Nous considérons cela d’un œil éteint, désenchanté, en nous disant: voilà ce que nous avons perdu…
L’IDIOT INTERNATIONAL ( Archétype du journal anar de droite s’il en fut)
 
« C’est un journal en avance sur la presse de demain et en retard sur la presse d’aujourd’hui, une espèce de drapeau, mon oiseau de liberté aux plumes les plus talentueuses ».
Ce journal créé en 1971 avec une bande de fous à lier eux aussi, que Simone de Beauvoir n’hésita pas à soutenir. C’est un journal pamphlétaire français, il est avant tout polémique, se déclarant indépendant de toute idéologie
Début des années 90, en pleine guerre du Golfe, l’hebdomadaire est à son acmé.
Patrick Besson, Philippe Sollers, Jacques Laurent, Michel Déon, Marc-Edouard Nabe, Philippe Muray, Jacques Laurent, Frédéric Beigbeder, Patrick Buisson, Michel Houellebecq, Edouard Limonov, Alain Soral, Jacques Vergès, Frédéric Taddeï ou encore Gabriel Matzneff, pour ne citer qu’eux, y apportent leur contribution.
Ce qui caractérise l’Idiot c’est une liberté de ton incroyable, jamais dans la demi-mesure : toujours dans l’excès.
Jean-Edern se sert alors de son journal comme d’un bouclier pour mener toutes ses campagnes, comme devant l’ambassade d’Iran où il distribue dans l’Idiot une version des Versets Sataniques de Salman Rushdie (qu’aucun éditeur ne veut prendre le risque de publier).
La ligne éditoriale se veut volontiers provocatrice, ce qui en a fait un journal très attaqué. Car l’idiot c’était la démesure, la folie ; pour Jean-Edern Hallier, ce qu’il perdait de crédit à l’oral se matérialisait soudain avec une justesse inouïe sur le papier.
Combien de condamnations, -et souvent à juste titre-, le journal n’a-t-il pas essuyé ?
Ce qui fut moins justifié, c’est la violence des contre-attaques, la sévérité des sanctions financières pour diffamation qui lui ont été administrées, qui marquent une réelle volonté d’étrangler le journal, et Hallier par la même occasion.
Lui aussi a connu les affres de la censures (qu’est ce que ça aurait été aujourd’hui !), 80 000 francs de dommages et intérêts pour avoir désigné les juifs de lie de l’humanité dans une chronique de l’Idiot publiée pendant la guerre du Golfe, 800 000 francs pour Tapie, pour propos diffamatoires, injurieux et attentoires à la vie privées, 250 000 francs pour Jack Lang, toujours diffamation et injures publiques, + 100 000 à Christian Bourgeois ; l’éditeur de Salman Rushdie, j’en passe…
Pas vraiment un modèle de viabilité ce journal. Mais qu’importe, J-E-H mènera son raffiot contre vents et marée. En bon capitaine de navire, il restera sur le pont jusqu’à ce que même les rats coulent avec lui…

http://www.cahiersdujournalisme.net/cdj/pdf/04/16_HESSE.pdf