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Jean Louis Murat

murat

Artiste énigmatique, Jean-Louis Murat a un parcours douloureux et troublant dont ses chansons se font l’écho plaintif et poétique. Sa réussite tient grandement à ses textes, sans grandiloquence, mais sincères, souvent bricolés. Son caractère rebelle, ses prises de position en faveur du « faible » lui ont longtemps valu l’estime des gens de gauche. Mais Murat n’aime heureusement pas être là où on l’attend.

Toujours il restera intègre dans la marginalité. Et c’est pour ça que ses chansons et ses interventions ne laissent pas indifférents. On aime à penser qu’il est revenu de tout mais qu’il a la sensibilité dure à mater. Rien ne trouve grâce à ses yeux, pas même son propre travail qu’il réduit à « de l’égocentrisme ». Pourtant, voilà 19 albums qu’il nous enchante, qu’il nous entraîne à sa suite dans ses chemins de traverse.

 « Ça me plaît assez qu’on ne m’aime pas »

Le Point.fr : Vous vous tenez en marge du système. Pourquoi refuser de participer aux opérations caritatives, comme Les Enfoirés ?

Jean-Louis Murat : Je trouve ce système dégoûtant. Les jolis coeurs, les plus-généreux-que-moi-tu-meurs, je n’y crois pas du tout. Tous ces artistes sont des monstres d’égoïsme. La vraie générosité, elle est silencieuse. Tu fais, mais tu fermes ta gueule. Ça ne doit pas devenir un élément de promotion.

Les artistes qui y participent n’ont aucune volonté d’aider une cause, selon vous ?

Non, ils font de la promo. N’importe quelle maison de disque te dira que la meilleure émission de variétés, c’est « Les Enfoirés », et qu’il serait bien d’y être. Tout est dit.

Interview vérité chez Ruquier, bijou…

Même pas un soupçon d’altruisme ?…

Moi, toutes ces qualités-là, l’altruisme, le machin, je m’en bats les c… Ces hommes de gauche patentés, je connais leur mode de fonctionnement. Le plus grand des jolis coeurs, Renaud, je l’ai vu faire un truc qui te conduit normalement en prison. Il est devenu mon ennemi de base, même si on ne tire pas sur une ambulance. J’ai vu aussi des hérauts de la gauche jouer au poker une petite nana perdue, une nana de 16 ou 17 ans. « Elle est pour toi ou elle est pour moi ? » Je les ai vus faire ça, ces mecs qui hurlent à la mocheté du monde dès qu’un chien se fait écraser. Dans le business, c’est pire. C’est un milieu où il faut se taire. Ils ne peuvent pas me supporter, je le leur rends bien. Je n’ai pas d’amis là-dedans.

C’est pourquoi vous avez choisi de vivre et travailler en Auvergne ?

Oui. Je ne suis jamais arrivé à me faire à ce milieu. Au début, j’avais un appartement à Paris, parfois je me mélangeais un peu, mais c’était une catastrophe. Je me souviens d’une fois où j’ai mangé avec le patron d’une maison de disque et sa grande vedette. Je n’ai pas passé l’entrée. Je leur ai dit : « Je n’ai rien à voir avec vous, je vous emmerde, au revoir, je me casse. »

Vous dénoncez aussi l’engagement politique des artistes.

C’est le triomphe de l’hypocrisie. Les chanteurs se mettent toujours du côté du manche. La vie d’artiste est beaucoup plus confortable si tu es vaguement contre. Ils essaient de se placer sous une sorte de lumière marxiste. Ils disent : Je suis un rebelle, je suis socialiste. Tous les cons font ça.

Tous ne sont pas de gauche !

Non. Tu peux aussi faire une carrière de lèche-cul à la Souchon. C’est le plus grand stratège de la chanson française. Il est passé de Pompidou à Sarkozy sans broncher. C’est un centriste, si on veut. Souchon, c’est le Lecanuet de la chanson, ou alors, pour être plus moderne, c’est le Bayrou de la chanson. Un exemple à suivre si on veut vendre des disques.

Vous ne vous reconnaissez dans aucun parti ?

Je n’ai jamais été de gauche une seule minute dans ma vie, mais je n’ai jamais été de droite non plus. L’engagement, c’est différent, c’est le pont plus loin. Si tu t’engages, tu dois faire abstraction du fait de savoir si tu es de droite ou de gauche. Ou alors il faut faire de la politique comme Flaubert, c’est-à-dire déceler la connerie, sortir le détecteur. C’est un spectacle tellement ridicule qu’il faut jeter un regard neuf dessus. On aurait besoin de Blake Edwards pour mettre en scène la clownerie de l’accord passé ces derniers jours entre les Verts et le PS, par exemple !

L’artiste n’a rien à dire politiquement ?

Mais quelle est la valeur de l’artiste dans la société ? Qu’est-ce que c’est que ces petits chanteurs de variétés qui font des trucs à la con de trois minutes avant de disparaître, et qui d’un seul coup ont des consciences de Prix Nobel de la paix ? Ça n’est pas sérieux.

Vous faites malgré tout des choix politiques, comme tout le monde…

Idéologiquement, j’aime beaucoup Léon Bloy, Bernanos. Ils ont une façon de penser dans laquelle je me retrouve. Ce sont des pré-communistes, des pro-chrétiens. Si je doute de quelque chose, il suffit de quelques pages de Bernanos, ça me remet à cheval ! Mais ce n’est pas tellement de la politique, c’est plutôt une façon d’envisager la vie et l’individu.

Donc, vous ne vous engagerez pas pour une cause ?

Jamais. L’idéologie chez les artistes, c’est une funeste blague. Ce qu’ils portent vraiment, c’est dans leurs chansons et leur comportement.

Et vous, pourquoi faites-vous des chansons ?

Pour moi. Si elles rencontrent des gens, très bien. Mais je n’ai jamais pensé à quelqu’un d’autre que moi en écrivant une chanson. Même dans la chanson populaire, même Bruant, même Pierre Perret, ils pensent d’abord à leur gueule.

C’est de l’égocentrisme !

Non, c’est la nature des choses. Je ne pense pas qu’un artiste puisse amener quoi que ce soit. Je pense que les enjeux sont ailleurs. Ils sont à l’extrême intérieur, dans le saint des saints de chacun. La seule idée que j’aimerais faire passer, c’est que chacun a en soi une énergie quasi infinie.

C’est ce que vous démontrez sur scène, où vous semblez comme possédé ?

Sur scène, je vais dans une sorte de château-fort intérieur. S’il y a quelque chose qui peut être exemplaire chez l’artiste, c’est ce chemin sportif qui mène vers ce « Fort-Boyard » dans lequel je me mets sur scène. Ce chemin a du sens. Un concert, c’est un meeting d’athlétisme. Je ne l’envisage que comme ça. Je fais un disque tous les ans parce que je défends une idée quasi héroïque de l’énergie. Je peux regarder quinze fois un sprint d’Usain Bolt, et ça me sert pour écrire mes chansons. Je suis dans quelque chose de primitif, d’où vient l’énergie, le feu sacré.

En revanche, vous ne parlez pas pendant un concert. Les spectateurs ont l’impression que vous les méprisez…

Je ne dis plus rien parce que tout le monde filme. Cinq minutes après, tu te retrouves sur Internet. Pourtant, j’ai eu des moments très spectaculaires. Le lundi qui suit la défaite de Jospin en avril 2002, par exemple, je suis en concert à la Cigale. J’attaque par une blague où je dis : 80 ans de communisme, 80 millions de morts, on est bien débarrassé ! Silence de cathédrale dans la salle. Le public ne supporte pas ce genre de truc ! En fait, j’aime beaucoup déclencher le rire jaune, j’aime bien aller à la limite. Il faut être créatif.

Qui sont vos héros personnels ?

Les sportifs, comme Usain Bolt ; peu d’artistes, ou alors des morts. J’aime Proust, par exemple. En musique, j’en ai très peu. J’aime bien les gagnants, mais aussi les losers. Je trouve qu’il y a une abnégation incroyable chez Van Morrison, chez Tony Joe White, chez JJ Cale. Ils ne sont jamais arrivés en haut mais ils s’en foutent, ils rament !

Ils ont cette fameuse énergie, ce feu sacré ?

Voilà ! J’aime aussi les gens qui, comme Bernanos, vont vers le surnaturel ou le mysticisme. Hector, Achille, Léon Bloy, Bahamontès et Usain Bolt, c’est un mélange de tout ça. Mais j’aime pas les lopettes, ce qui semble être la particularité du monde politique : fabricant de lopettes. Même Proust pouvait provoquer quelqu’un en duel et aller au coin du bois. Dans le monde politique d’aujourd’hui, pas un seul serait capable de le faire !

L’une de vos chansons, sur votre dernier album, proclame ceci : « Dans ce monde moderne je ne suis pas chez moi ». Vous êtes misanthrope ?

Je dis ensuite : « Merci pour tant de peine, mais je ne t’aime pas. » C’est ce que je pense vraiment. C’est même vicieux, puisque ça me plaît assez qu’on ne m’aime pas. Être une vedette dans ce monde pourri, je n’apprécierais pas tellement ! C’est plutôt un honneur d’être détesté. Mais je ne suis pas suicidaire. Je suis un mec simple. Je garde les valeurs paysannes : se lever tôt, travailler. Et ce que les autres en pensent, à vrai dire, on s’en fout.

Jean-Louis Murat, propos recueillis par Michel Revol (Le Point, 9 décembre 2011)

Biographie

Après sa naissance, à Chamalières, l’histoire de Jean-Louis Bergheaud commence à la Bourboule dans le Massif central. Fils de divorcés, c’est chez ses grands-parents, à Murat-le-Quaire, qu’il passera toute sa jeunesse. Solitaire et introverti, dès son plus jeune âge, Jean-Louis présente certains dons pour la musique et pour beaucoup d’instruments, ce qui le mènera au conservatoire où il développera son goût pour le chant. Féru de littérature romantique et tourmentée, il est le premier de sa famille à être titulaire du baccalauréat. Marié à l’âge de 17 ans, il s’inscrit pour une courte durée à l’université de Clermont-Ferrand, puis jeune papa à 19 ans, quitte tout pour voyager et vivre de petits boulots en France et en Europe.

Jean-Louis Murat connaît un début de carrière difficile marqué par plusieurs expériences musicales à la fin des années 1970 — notamment dans un groupe éphémère nommé Clara remarqué par William Sheller qui les invitera à faire certaines des premières parties de ses concerts — mais sans lendemain. En 1982, après la dissolution de groupe Clara, il enregistre son tout premier album intitulé Murat, puis un deuxième en 1984 intitulé Passions privées, mais devant le peu de succès, sa maison de disques rompt son contrat. On lui attribuera une tentative de suicide à la suite de la sortie au tout début des années 1980 de son disque Suicidez-vous le peuple est mort qui ne connaît que très peu d’écho auprès du public. La diffusion radio du titre est alors arrêtée sur Europe 11.

S’ensuit alors une longue traversée du désert dont il ne sort que bien des années après avec le premier extrait issu de son album Cheyenne autumn paru en 1989 chez Virgin, Si je devais manquer de toi, qui lui apporte enfin une certaine notoriété (trois autres extraits de cet album, L’ange déchu, Amours débutants et Te garder près de moi, sont eux aussi diffusés sur les ondes). Deux ans plus tard, les singles Col de la Croix-Morand et Sentiment nouveau (ce dernier rentrant au Top 50), issus du disque Le Manteau de pluie, remportent un succès encore plus important.

Mais c’est Regrets, un duo avec Mylène Farmer, qui le fait réellement et définitivement connaître auprès d’un plus large public, à l’aube de ses 40 ans, en 1991 (3e au Top 50 et plus de 300 000 copies vendues). Depuis cette période, ses albums rentrent régulièrement dans le Top 20 en France.

Viscéralement attaché à l’Auvergne où il réside, la nature et la campagne lui fournissent une inspiration poétique très personnelle. Très prolifique, guitariste et chanteur au timbre caractéristique, il écrit, produit et édite plus d’un album par an dont Vénus en 1993, Dolorès en 1996 ou Mustango en 1999, titre qui fait allusion au Mustang, petit royaume du Tibet2. La plupart de ses albums sont suivis par de longues tournées caractérisées par un travail musical intéressant, aucune tournée n’ayant ressemblé à la précédente, ceux-ci donneront souvent des albums live comme Murat live en 1995, Live in Dolorès en 1996 ou Muragostang en 2000. Il sortira en 2000 un nouvel album intitulé Madame Deshoulières interprété par Jean-Louis Murat et Isabelle Huppert. Pour l’aider dans cette tâche de créativité et coordonner l’ensemble des déplacements, il aime s’entourer de proches et de sa famille.

Après Le Cours ordinaire des choses sorti en 2009, beau succès critique, mais qui ne lui a pas permis de renouer avec le succès commercial, son album suivant Grand Lièvre est un album de 10 titres disponible chez Polydor-Universal, et selon Bayon, sera « mid tempo ».

Murat, qui s’intéresse au bouddhisme, s’est engagé pour la cause tibétaine3,4.

En mars 2013, sort son nouvel album Toboggan5.

Jean-Louis MURAT … et la politique … Bernard le Bras

MURAT  est un homme de coeur, il donnerait sa chemise pour aider ceux qui sont dans le besoin. A la différence d’autres artistes il ne veut pas que celà se sache. Selon l’Auvergnat, pour montrer sa solidarité, point besoin d’aller sur les plateaux des chaînes télévisées. Il suffit de donner un coup de main à ceux qui sont vos voisins et  se trouvent dans le besoin. La solidarité c’est défendre le monde paysan qui court à l’agonie. Il n’y a pas de retombée commerciale à attendre de ces prises de position, le monde paysan ne représentant « plus rien » à l’échelle de notre pays.

MURAT est avant tout quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche, ne sachant pas … ne voulant pas manier la langue de bois. Pour cette raison il est tout le contraire d’un homme politique. Aucun ne trouve grâce à ses yeux. En 1993 il confie à  J. COPE ses premières convictions politique : « J’étais maoïste ». Il ajoute aussitôt :« tendance Led Zeppelin » comme pour enlever tout crédit à ce qu’il avait dit au préalable.

Son caractère rebelle, ses prises de position en faveur du « faible » lui ont longtemps valu l’estime des gens de gauche et plus encore des journaux comme « Libération » et « Les Inrockuptibles ». En1981, à l’occasion de l’élection de François MITTERRAND il écrit« Suicidez-vous le peuple est mort » … Ce même peuple qui vient de nommer à la tête de l’Etat un socialiste. MURAT n’aime pas être là où on l’attend. Toujours il restera rebelle. Le seul véritable engagement politique qu’il aura sera la défense du peuple Tibétain. En pure perte d’ailleurs.

Le 28 octobre 1993, dans les colonnes du « Nouvel Obs. » sous la plume de Fabrice PLISKIN le chanteur Auvergnat donne son avis sur l’un des hommes politiques les plus populaires  à l’époque : « La popularité de BALLADUR, ça fout la trouille. C’est pas naturel. Je pense qu’en 1789, il y avait aussi 70 %  des Français qui étaient favorables à Louis XVI. Il y a toujours un moment de paix avant les catastrophes. BALLADUR, de face, c’est la poire LOUIS PHILIPPE, de profil,  c’est LOUIS XVI. C’est le retour de l’Ancien Régime. Comme on y chez nous : j’y vois pas très beau ».

Le 25 aout 1999 dans les collones des « Inrockuptibles » sous la plume de Christophe CONTE il ne mâche pas ses mots à l’encontre de ceux sensés défendre les intérêts d’une certaine paysannerie :

C.C.  : Toi qui a usé beaucoup d’énergie pour donner aux citadins une image assez flatteuse de la ruralité, tu dois être miné par Chasse, Pêche, Nature et Tradition ?

JLM: J’ai surtout fait les louanges de la paysannerie de légende, en hommage à mes grands-parents. C’est ça que j’aime et que je ne trouve plus que les personnes de plus de 70 ans. La nouvelle paysannerie, j’en ai rien à foutre. les jeunes paysans sont pires que les pires industriels pollueurs. J’habite à la campagne et ce sont mes pires ennemis. Je n’ai d’échanges qu’avec les vieux, qui eux aussi trouvent que les moins de 50 ans sont des craignos. Les lobbies du genre CPNT, c’est ni plus ni moins que de la contre-culture d’extrême droite. En même temps, si j’ai toujours été contre la chasse, je comprends que les mecs qui n’ont  pour seule distraction que le club de chasse n’aient pas envie qu’on les en prive. Ils placent ça sur le même plan que si on s’en prenait au club de lanceurs de fléchettes. La chasse c’est souvent le seul moyen qu’ils ont trouvé pour ne pas se faire chier. Les citadins trouvent que c’est dégueulasse de tirer en pleine tête   de la petite biche si gentille, mais eux ne le voient pas comme ça. C’est autour de ça que s’organise toute la vie sociale de leur petit pays et si tu leur ôtes ça, il n’y a plus de vie sociale ».

C.C.  : Qu’as-tu pensé de la campagne europénenne de Cohn Bendit ? 

JLM : (Il réfléchit longuement) … Un peu faux cul, non ? C’est comme si tu avais un grand frère que tu vénérais en pensant qu’il n’écoute que Jimi HENDRIX  et les Sex Pistols et puis qu’un jour, profitant de son absence, tu vas fouiller dans sa discothèque et tu trouves un disque de Dalida, parole, parole, en duo avec DELON (rires) … C’est bizarre, mais c’est l’effet que ça me fait, comme une espèce de trahison. Une trahison de discothèque, la pire de toutes ! ».

Voila qui est dit ….

Dans les années 2000, il s’en prend ouvertement à des personnalités politiques de gauche. José BOVE  fait partie des personnes qu’il aime brocarder. Sur les onde de « France Inter » il déclare : « Je trouve que José BOVE est une insulte pour tous nos  esprits contestataires. c’est un faux, un bidon. je pense que c’est un bébé Le Pen. Très très dangereux. On le voit sur le chemin de Damas en train de dire des conneries, il les enchaîne toutes. Au départ il a fait sa crédibilité sur le problème de la paysannerie, qu’il ne défend absolument pas, il défend juste sa petite pomme pour passer au journal télévisé. c’est un personnage profondément dégoûtant José BOVE, un sous-doué, un opportuniste ». En 2003 pour « Foutraque » il assène ces critiques plus virulentes encore à l’égard de celui qui était à l’époque responsable de la confédération paysanne. C’est à  Pierre ANDRIEUX  qu’il déclare: « José BOVE c’est un connard » (…)« un showbizier à trois balles ». Dans le même article il décoche des attaques tout aussi violentes contre le cinéaste US Mickael MOORE  connu pour ses idées libertaires. MURAT déclare : « Toutes les conneries qu’il peut sortir ç sert à rien, à part faire le con à Cannes et se faire applaudir par la CGT ou les socialistes Français. Il est bien content d’être Américain, il change quoi dans la société Américaine ? »

Il n’a pas tort. BOVE  parlons-en. Aujourd’hui il siège à BRUXELLES … député Européen. Depuis qu’il est la-bas il ne fait plus parler de lui ! Député Européen BOVE  … j’hallucine … Les émoluments y sont confortables, la pitance soignée et les frais de train payés ! Pour un « révolutionnaire » … c’est pas mal. Finalement, des paroles de « JLM » …   il n’y a pas un seul mot à retirer.

Le 27 mars 2001 pour « France Soir«  MURAT  répond aux questions de Laurent MEREU. L’une d’entre elle se rapporte à Lionel JOSPIN … et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne va pas avec le dos de la cuillère …

L.M.  : En tant qu’homme de gauche, que pensez-vous de Lionel JOSPIN ?

JLM : « Jospin fait son modeste alors qu’il a un égo dix fois supérieur à celui de MITTERRAND. Et les modestes en politique sont des psycho rigides effrayants. Jez pense vraiment que ce type a des pulsions de monstre totalitaire ».

En 2003 sur les antennes de « Agorafm » le Brenoï répond aux questions de Simon PEGURIER :

S.P.  : Tu passes pour un rebelle mais tu n’es pas politisé pourquoi ?

JLM : Non je suis plutôt contre tous les craignos de la politique à trois balles. je suis dans l’autre sens. Je pense que les BESANCENOT, José BOVE, MAMERE, Jack LANG c’est de la merde, c’est tous des connards. je peux pas saquer tout ça. Je pense que tous ceux qui nous défendraient, seraient de notre côté sont plutôt nos pires ennemis. Je ne dis rien. Je me permets simplement de dire de temps en temps que Jack LANG  c’est un trou du cul, et José BOVE  un connard. C’est tout, je m’en fous complètement. Je trouve que la vie politique Française est vraiment minable. Je ne peux pas m’identifier à qui que ce soit. Je les trouve ringards, des showbizze à trois balles. C’est surtout ça qui m’énerve.

S.P.  : Oui, mais devant ce constat, tu n’as pas envie de t’engager, d’agir ?

JLM: Non, je m’en fous. Je ne vois pas ce qu’on peut faire dans notre vie à part constater les dégâts, constater le désastre et nous retirer sur les hauteurs pour voir passer le bordel. Je ne pense pas du tout qu’on puisse intervenir. Je pense que le seul domaine dans lequel on peut être efficace c’est dans la sphère privée. On doit donc se comporter comme on juge qu’il est le mieux de le faire, et puis artistiquement de faire des disques dans lesquels on est intègre. Le reste non, tu ne me verras pas m’engager en quoique ce soit en politique.  Je n’y crois pas du tout. Hélas, je ne pense pas que la politique puisse changer les choses, et on est de plus en plus nombreux à le penser. On les regarde comme si on regardait un « Boys Band ». C’est nul ».

En 2003 toujours pour « Zicline » MURAT  déclare parlant de BOVE : « Je suis d’accord avec toutes ses idées, mais ça m’énerve que mes idées soient défendues par un con. Je pense qu’il les sert très mal. je dirais même qu’il les dessert. Il discrédite les idées qu’il défend. Tellement il est commun, on dirait un petit bourgeois parvenu avec la vois de Bernard MONTIEL et le charisme d’une limande morte ».

En février 2004, dans « Le Figaro Magazine » sous la plume deNicolas UNGEMUTH, il répond au procès qui lui est fait :« nouveau réactionnaire ? » .

« Je préfère être réactionnaire que malade mental. Demandez aux oiseaux et aux poissons ce qu’ils pensent du progrès ! Moi je suis du côté des oiseaux et des poissons ».

En novembre 2004 pour « L’oreillequigratte.com » il répond à cette question : « Tu passes pour un rebelle mais tu n’es pas politisé, pourquoi ? ». Il assume : « Non, je suis plutôt contre tous les craignos de la politique à trois balles. Je suis dans l’autre sens. Je pense que les BESANCENOT, José BOVE, MAMERE, Jack LANG, c’est de la merde, c’est tous des connards. Je peux pas saquer tout ça ». (…) « Je me permets simplement de dire de temps en temps que Jack LANG c’est un trou du cul, et José BOVE  un connard. C’est tout, je m’en fous complètement. Je trouve que la vie politique Française est vraiment minable, je ne peux pas m’identifier à qui que ce soit. je les trouve ringards, des shoxbises à trois balles. C’est surtout ça qui m’énerve ». 

Chacun a encore en mémoire ses propos sur Ségoléne « gros cul du Poitou » et sur son ex qui avait eu raison de la quitter … Les politiciens de droite ne trouvent pas davantage grâce à ses yeux.  En définitive ce sont ses positions pro-américaines qui ont été le plus mal ressenties. En 2005 il déclare à Philippe SCHWEYER  pour« Flux 4″ : « Je suis très pro américain, un peu pour la provoc. Je fais partie des 3% de Français qui étaient pour l’intervention en Irak ».

Le 25 septembre 2006 dans le journal « Elle » avec Florence TREDEZ il évoque les noms de deux hommes politiques de premier plan de notyre pays : « L’ennemi c’est l’homme moyen Français. François HOLLANDE, SARKOZY. des mecs, à qui, en 14-18, tu n’aurais jamais confié une Brigade. Incapables, d’être chefs, d’aller au feu des sentiments ou au feu physiquement. Tu ne sens pas le courage physique chez ces gens « .

Il faut bien reconnaître que toutes ces prises de position passent très mal dans des rédactions telles que « Libé » ou « Les Inrocks »… Pourtant MURAT n’a pas changé. Il est toujours le même pur-sang révolté. Alors comment en est-t’on arrivé là ??? Tout simplement que MURAT  vit à la campagne, avec des gens de la campagne et que ceux-ci,  sont « perdus » dans le monde qui les entoure … par ce qu’ils voient à la TV. L’artisan du village cherche des apprentis il n’en trouve pas … L’Europe et l’Euro déboussolent ces paysans qui travaillent sans compter mais n’arrivent plus à gagner leur croûte. MURAT  écoute parler EMILE … le boucher du coin, le bistrotier … Leur discours est unanime ils ne comprennent rien aux paroles des beaux messieurs qui passent à la télé.

Jusqu’au « Grand lièvre » jamais MURAT  ne s’était risqué à émettre des idées sur la politique. Sur ce dernier album il s’en prend à l’Europe (dont il était pourtant partisan à une époque) ainsi qu’à la politique agricole « commune » qui broie les hommes de la terre. Dans le journal   « Sud-Ouest » du  25 septembre 2011,  il est amené à répondre à cette question  de Yannick DELNESTE : « Vous avez des héros politiques ? » Ce à quoi il répond : « Si tu as du temps à perdre, intéresse-toi à la politique … on est pris en otage d’une couverture médiatique qui n’est qu’appauvrissement. les politiques tiennent le volant mais n’ont pas le contrôle du frein ni de l’accélérateur. Et nous font croire qu’ils sont Sébastien VETTEL ! Un passe-temps pour des ringards. La campagne 2012, c’est les Jeux Olympiques … Alors, je préfère le sport et ses champions ».

Le 3 Octobre 2011 pour « Marianne 2″ MURAT  répond aux questions de Mathieu MAIRE DU POSET et enfonce le clou comme si besoin était :

MMDP : Vous êtes à votre façon très poliquement incorrect, vous n’hésitez pas à l’ouvrir notamment en interview. A contrario, on a l’impression que les artistes hésitent beaucoup aujourd’hui à s’engager, particulièrement  sur le plan politique ?

JLM     : Mais il n’y a pas de politique en France. Quelle est la différence entre les propositions ? Il n’y a rien, c’est zéro. Comment prendre position politiquement ? Voter pour des gens qui ne maîtrisent pas 60% de l’économie Française ? Tu vas choisir qui va conduire le véhicule alors que la personne ne va maîtriser ni le frein et qu’il tient à peine le volant ? Il y a de la démagogie, alors tu peux faire de la chanson démagogique. Et cartonner chanter : »Je veux de l’amour, je veux du chais pas quoi, etc » et faire le tube de l’année. Une chanson pétainiste, infecte, les gens vont adorer, mais je ne suis pas là pour ça. Je n’ai jamais voté et je ne voterai jamais. Je ne vais pas voter pour des Mickey. Je pense que le patron de Google, de Microsoft ou d’autres sont mille fois plus importants.

MMDP : Dans des chansons comme « Vendre les prés » vous avez quand même un discours et une vision politique ?

JLM     : C’est la victoire des gens des plaines sur ceux de la montagne. C’est une idéologie de la société qui ne veut être surplombée par rien. A leurs yeux, la montagne c’est fait pour faire du ski ou du trekking, mais certainement pas  pour qu’il y ait des paysans et des gens qui y vivent. Donc il faut faire des mégapoles de millions d’habitants où on ne sait pas quoi leur donner à bouffer. C’est une façon horizontale de voir les choses, de mettre tout le monde dans les plaines et dans les villes, d’abandonner l’aspect vertical des choses. Le peuple le plus haut du monde c’était les Tibétains et ils se sont faits niq … dans l’indifférence générale. Le seul engagement que j’ai eu d’ailleurs pendant des années c’était avec les Tibétains. Il n’y a plus personne dans les montagnes et dans les campagnes.  Je ne supporte pas le fait citadin et je ne supporte pas les gens des plaines. Pour moi la plaine c’est la fin du monde.

MMDP : Des politiques tiennent des discours sur la désertification des campagnes, le repeuplement, la relocalisation des productions. Cela pourrait être un écho à votre discours ?

JLM    :  La philosophie du détricotage, je n’y crois pas du tout. Cela ne peut pas tenir lieu d’idéologie. On sait bien que l’histoire ne revient jamais en arrière, même si c’est une belle idée. De beaux concepts foirés ça existe, ATTAC par exemple. Il y a 10 ou 12 ans c’était impeccable. Mais le gros problème c’est que ce sont des abrutis, des crétins qui portent les idées. Un mec comme José BOVE  a été dix fois plus néfaste que ce qu’il combattait, alors qu’il était idéologiquement sûrement dans le vrai. Les « verts » pareil, mais ce sont des crétins. Je ne pourrais jamais marcher dans les pas de DUFLOT  ou dans ceux de JOLY. C’est très intéressant de voir comment les idéologies sont prises en compte par des nullards, ils te dissuadent. Et ces nullards sont entretenus par les médias. Jamais vous n’allez vous lever pour dire que DUFLOT  est bête comme un petit pois. DUFLOT  tu lui prêterais pas ta 2 chevaux. Elle ne sait même pas parler. Alors les idées qu’elle amène derrière, elle les discrédite complètement. C’est une catastrophe. JOLY et DUFLOT  devraient avoir les 3/4 du show business avec elles. Elles n’auront personne à part CALI peut-être, qui est le plus « bip » de tout le show business de la terre.

MMDP : On peut ne pas être d’accord avec CALI, mais quand il s’est engagé avec ROYAL  et le PS, il y croyait sincèrement. Et pas sur qu’il y revienne, cela lui a plutôt nui.

JLM   : Mais il s’est engagé pour vendre des disques. Vous les journalistes vous ne comprenez pas la psychologie des artistes. les artistes comme disait John LENNON, ils veulent, un déclarer beaucoup d’impôts et deux, en payer le minimum. c’est ça un artiste dans la musique : je prends de la caillasse et je paye le minimum d’impôts. Ils s’engagent en se disant que les gens e gauche vont acheter ».

Pour le quotidien « Le Soleil » (Québec) Jean-Louis MURAT  répond aux questions de Geneviève BOUCHARD :

G.B.  : Considérez-vous vos chansons comme revendicatrices ? Avez-vous la volonté de changer les choses ?

JLM : Non je n’y crois pas. Je ne suis pas un optimiste moi. Je ne me fais aucune illusion sur la nature humaine. Pour moi l’homme est un salopard qui détruira absolument tout. Je n’ai pas d’autre philosophie. Je ne suis jamais surpris par toutes les saloperies que peut faire l’homme. Je suis accablé mais pas surpris.

G.B.  : N’est-ce pas lourd à porter cette philosophie ?

JLM : Une fois qu’on dit ça, on organise la proximité. Il y a la famille, les enfants … Je me repose sur des valeurs traditionnelles. Malgré tout, j’essaie de faire passer ce que je suis, ce que je vis. Je ne vais pas chercher trop loin de ce qui est autour de moi. Je fais de la chanson de proximité.

Ni de gauche ni de droite ??? Je ne pense pas. Ses idées penchent largement à gauche mais il ne se reconnaît pas en… « ceux » qui défendent cette politique   … dite « de gauche ».

MURAT  met tout le monde dans le même sac. Chacun étant bien plus préoccupé de sa propre promotion que de la défense de l’intérêt collectif. Alors quoi faire ??? Pour « Serge7″, sous la plume dePatrice BARDOT  il a des mots très durs. Ecoutons le : « Il faut qu’on arrive à un chaos pour aller vers autre chose. La crise est totale, de la diminution de la production de sperme chez les mecs aux suicides des paysans. A côté, les suicides à France Télécom, c’est de la douce rigolade. Je suis entouré de fermes où les mecs se sont suicidés dans l’indifférence générale. Soyons les agents de décomposition de tout ce bordel ! Ne nous intéressons pas à la politique et aux nouvelles technologies et vandalisons le système pour accélérer sa décomposition. Moi je n’achète plus rien. Je suis pour qu’on vole tout ! J’ai vécu pendant des années comme ça. Totalement dans la marginalité. Cette manière de fonctionner je la connais. Que la société se méfie, car les éléments les plus dangereux dans la société ce sont les artistes, et s’ils ne peuvent plus vivre de leur activité artistique, ils vont tout faire petter ! Les artistes frustrés, ça donne HITLER, MAO, STALINE, POL POT … La position d’artiste c’est l’avant dernière position. En dessous, tu as le gangster. Entre les deux c’est très proche ».   

Depuis  quelque temps, parti d’Espagne, le mouvement des indignés qui se dit et se veut apolitique … fait parler de lui. Notamment ces jours ci. Peut-être qu’il trouvera grâce aux yeux de MURAT  ???

Jamais dans ses chansons MURAT  n’a laissé transpiré par des mots les idées qui sont les siennes (hormis les gonzesses et les pédés). On peut tout juste dire que les thèmes choisis marquent une évolution. C’est ainsi que dans « Le Grand lièvre » ses chansons parlent de désertification, de mort du monde paysan … des thèmes qui sont politiques, mais peu porteurs puisque ne concernant qu’un nombre de plus en plus réduit de gens. Jamais par contre MURAT  n’a, dans ses chansons,  brandit un drapeau indiquant sa pensée, ses idées politiques …

En 2007 pour « Bibliobs » sous la plume de Fabrice PLISKIN,  il s’en justifie   :« J’ai chanté BERANGER, mais je déteste que les gens manifestent leurs idées politiques dans leurs chansons. Quand tu écoutes les interviews deFERRE  ou de BRASSENS, tu hallucines. Ils sont contre l’armée, contre la police, contre le truc et le machin. Qu’est-ce qu’ils veulent avec leur anarchisme de droite ? BRASSENS met ROOSEVELT, DE GAULLE,HITLER  dans le même bateau. Et il part gentiment avec son paquetage visser des Messerschmitt avec MARCHAIS pendant trois ans en Allemagne. MANU CHAO c’est de la rigolade ; l’altermondialisme c’est son fonds de commerce ». (…) « MANU CHAO, si tu fais du rock « équitable », t’as qu’à verser les royautés aux prisonniers Cubains au lieu d’investir dans l’immobilier en Espagne … Le public de la chanson est de gauche, donc tout le monde fait super gaffe à ce qu’il dit ».

Petit retour en arrière puisque dans le cadre de la promo « Le cours ordinaire … » il dévoile un peu ses idées sans s’en prendre à tel ou tel.

 En septembre 2009 sous la plume du journaliste Eric TANDY il précise  : « Moi je déteste autant les idéaux d’extrême droite et d’extrême gauche, je les renvoie donc naturellement dos à dos. Ce qui passe souvent très mal. Depuis cinquante ans, les gens ont pris l’habitude de consommer des révoltes bidons sous forme de petits bonbons acidulés. Ce qui fait que tous les artistes sont frileux et n’osent pas, par exemple, taper sur l’encrassement des idées de gauche ou d’extrême gauche. Ils se satisfont de fausses révoltes et celà donne « Noir Désir ». C’est-à-dire quelque chose qui est encore plus ridicule que SARDOU ! ».

« Naguère, on a fait de «  TELEPHONE »  et de « TRUST » des symboles de l’angagement musical … Déjà, leurs noms étaient stupides ! Souvent, le nom d’un groupe suffit à résumer sa bêtise … En France on a une chanson de gauche qui est grotesque. Pour arriver à faire quelque chose qui se tienne à peu près, il faudrait sublimer l’anarchisme de gauche et celui de droite, pour arriver à une certaine définition de l’artiste qui enroberait les deux. Mais évidemment, celui-ci aurait l’essentiel de la société contre lui. D’ailleurs, c’est un peu pour celà que j’ai toujours hésité à dire franchement ce que je pensais. Vu que je ne suis d’accord avec rien et, que je ne trouve aucune réponse d’aucun côté, je me mettrais encore tout le monde à dos. De plus je trouve tous les comportements hypocrites. Et quand on dit ça, les gens pensent aussitôt : « Il se prend pour qui ? ».  

Ses idées il en parle également, sous une autre forme, plus terre à terre, lorsqu’il évoque la crise du disque et les comportements des multinationales, dans cette interview d‘Octobre 2009 accordée au journal « Platine » : « Je ne suis pas d’accord que les patrons des Labels aient 100.000 euros par mois ». (…) « Et que leur label tourne avec des bacs + 10 de 25 ou 30 ans, qu’on prend en stage 3 mois, qui ne sont pas payés et qui s’enchaînent …C’est dégueulasse ce qu’ils font à la jeunesse. Aucun journaliste, alors qu’ils sont tous de gauche, n’est allé voir comment DE BURETEL  a coulé « EMI » en 10 ans en devenant milliardaire, tout en continuant dans ce métier comme si de rien n’était … Est-ce que le salaire de NEGRE a suivi la chute du marché ? Ca m’étonnerait beaucoup … »

Une nouvelle fois, les propos que tient MURAT  sont de simple bon sens et souvent le bon sens est implacable … Il poursuit  :« Promettre la  gratuité sur internet, c’est un réflexe d’une certaine caste de maquereaux, de proxénètes qui veulent que la jeunesse ferme sa gueule ». (…)« J’ai surtout le sentiment de culpabilité que certains ont envers les jeunes, notamment les gens du parti des fonctionnaires et des retraités qui est le parti socialiste. Ils savent très bien que pour garder les avantages acquis, ils faut que les jeunes ferment leur gueule. Pour ça, on leur donne des bonbons tous les matins, c’est à dire qu’on leur permet d’avoir des films et de la musique gratos ». (…) « Ces gens oublient qu’une des premières lois prises par l’assemblée législative apès 1789 a été de poser le droit d’auteur pour service rendu par les artistes à la cause révolutionnaire, et surtout pour les arracher du mécénat. Et voilà qu’on se retrouve avec la gauche le plus bête du monde civilisé ! ». (…) « Il y a dix ans, les gens du cinéma souriaient quand on parlait du piratage de la musique. Ensuite, quand le cinéma a ét piraté, ce sont les journalistes qui se fendaient la gueule.  Aujourd’hui tout le monde pille les médias sur le net … Je trouve très bien queSARKOZY ait pris de cours ces abrutis de socialistes Français qui voulaient poser comme droit fondamental de l’homme l’accès à internet ».

Une nouvelle fois Murat  a raison. Pas plus tard que cette semaine c’est « France Soir » papier qui ferme ses portes. D’autres suivront … Sur le net il reconnaît s’est trompé et : « avoir été naïf ».   Petite explication : MURAT  n’est pas pro SARKOZY  … loin de là … il se félicite de ses prises de position de l’actuel président, au regard d’Hadopi …

Le mot de la fin nous le trouvons dans le journal « Le Point » du 15 décembre 2011, où MURAT  répond à cette question de Michel REVOL : « Vous ne vous reconnaissez dans aucun parti ? ».Ne sachant pas manier la langue de bois MURAT  ne laisse planer aucun doute quant à ses sentiments :« Je n’ai jamais été de gauche une seule minute dans ma vie, mais je n’ai jamais été de droite non plus. L’engagement, c’est différent, c’est le pont plus loin. Si tu t’engages, tu dois faire abstraction du fait de savoir si tu es de droite ou de gauche. Ou alors il faut faire de la politique comme FLAUBERT, c’est-à-dire déceler la connerie, sortir le détecteur. C’est un spectacle tellement ridicule qu’il faut jeter un regard neuf dessus. On aurait besoin de Blacke EDWARDS pour mettre en scène la clownerie de l’accord passé entre les verts et le P.S. par exemple !

En 2012, dans le magazine « Grand Seigneur » MURAT déclare :« Je pense que je n’ai jamais été une fraction de seconde de gauche. le mot même me dégoûte ».  A la question : « Pourquoi ? » il répond !  : « Je n’ai cotoyé que des gens de gauche. Mes expériences les plus malheureuses avec des filles, ça a toujours été avec des filles de gauche ». Le journalistre l’interrompt :« Vous êtes pourtant très soutenu par la presse de gauche … ». Réponse de l’Auvergnat : « Non, Télérama, le Nouvel Obs, Les Inrocks, ils me détestent. Je me fais tout le temps allumer dans Télérama par une brouteuse de base ».

Cette dernière expression vaut à MURAT  d’être traité de lesbophobe ! Je pense que ceux qui portent ces accusations ne connaissent pas MURAT. MURAT  a assez d’ouverture d’esprit pour n’être pas cet homme là. C’est un primaire, qui dit les mots bruts.  A la campagne, on jure, on injurie couramment, tous les jours … Le juron est un mode d’expression et la grossièreté proportionnelle au courroux de l’instant qui sitôt dit … évacué … s’envole avec le vent. A la campagne on est souvent seul avec soi-même, personne à vous entendre. Derrière MURAT cultivé (ô combien) se cache un rustre : j’ai nommé Jean-Louis BERGHEAUD. Sans cesse lui reviennent en écho les cris d’un grand-père qui s’emporte contre : le vent, la pluie, la dureté de la vie. Un grand père qui tempête contre ce cheval (compagnon de labour) refusant de suivre le sillon tracé devant lui … « Papillon » le taureau (géniteur) qui s’est échappé chez le voisin … contre sa femme  … contre le « Jean-Louis » qu’a encore fait des conneries … Un grand-père (tant aimé) qui vitupère contre la maladie, la vie … la mort emportant son dernier cri. Sachez que chez les rustres un gros mot cache souvent autant d’amour que de dédain apparent.

Dans une société policée et hypocrite comme la nôtre, ce type de comportement ne passe plus.

Ceux qui poussent des cris d’effroi, reprochent davantage en réalité à MURAT, ces propos sur « la gauche » que ceux prononcés à l’égard de la journaliste Valérie LEHOUX. Mais qu’ils se rassurent MURAT en a autant, si ce n’est davantage, pour les tenants de la« droite ». MURAT n’aime pas ceux qui sont dans …  « l’air du temps« .

Petit retour en arrière. Nous sommes en 2006, voici ce que déclare MURAT à Florence TREDEZ pour le journal « Elle » :« L’ennemi c’est l’homme moyen : François HOLLANDE,SARKOZY. Des mecs, à qui, en 14-18, tu n’aurais jamais confié une Brigade. Incapables d’être chefs, d’aller au feu des sentiments ou au feu physiquement. Tu ne sens pas le courage physique chez ces gens là ».

Murat n’est et ne sera jamais l’homme d’aucune chapelle. Qu’on se le dise. MURAT  est un homme libre. Il n’est même pas prisonnier de l’argent. Il a de quoi survivre la haut à Douharesse, dans sa montagne, avec ses trois pôtagers, Laure et leurs deux enfants … les notes de musique, les mots du dictionnaire … l’air du temps …Longue vie à vous Monsieur Jean-Louis MURAT  …

***

Ajout le 11 avril 2013 … 

Dans le cadre de la promo accompagnant la sortie de l’album« Toboggan » MURAT a fait très peu de commentaires politiques … On note tut juste cette interview accordée le 21 mars 2013 àLaurent MAREU BOULCH : « Je ne suis certainement pas de droite , mais pas de gauche non plus ». (…) « Je n’ai jamais voté de toute façon. Cela ne m’intéresse pas. Je n’aime pas cette façon qu’a la démocratie de se transformer en tyrannie des imbéciles. Tout le monde juge la politique sur le plan moral. Pour moi, il n’y a pas qu’une morale individuelle. La démocratie est un système qui n’est vraiment pas satisfaisant. On aligne tout le monde sur le plus petit dénominateur commun. Et comme je suis franchement contre, cela fait de moi un anti démocrate ».

Avril 2013 MURAT  accorde une interview au magazine « Magic ». Le cas « KROPOTKINE »  anarchiste Russe est évoqué par l’AuvergnatCe qu’il en dit dénote d’une vraie lucidité :« KROPOTKINE ? J’ai lu son livre « La morale anarchiste » (1889), qui est terrifiant de connerie ». (…) « Il n’y a pas un truc qui tient c’est archi-nul ». Voilà qui est dit … bien dit … Voilà qui est vrai … Les idées des extrêmes ne sont jamais une solution.

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